Oran : un « général » de pacotille condamné pour avoir arnaqué 12 victimes avec de faux biens d’État

Oran : un « général » de pacotille condamné pour avoir arnaqué 12 victimes avec de faux biens d’État
Tribunal d’Oran

Un présumé Général à Oran a orchestré pendant plus d’un an une vaste escroquerie immobilière au détriment de douze victimes. La Cour d’Oran a examiné ce lundi les détails de cette affaire hors norme, au terme de laquelle le meneur du réseau a été condamné à six ans de prison ferme, et ses six acolytes à cinq ans chacun. Quatre autres prévenus ont bénéficié d’un acquittement.

L’arnaque reposait sur un scénario soigneusement construit : de faux biens immobiliers présentés comme propriétés récupérées par l’État, des cachets contrefaits d’institutions officielles, et une mise en scène suffisamment crédible pour délester les victimes de sommes colossales.

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Le « général » fictif et ses faux biens d’État comme appât

Tout commence en novembre 2019. Une habitante de la wilaya de Béjaïa entre en contact avec un certain « El Hadi », qui se présente comme officier général affecté à la deuxième région militaire d’Oran. L’homme lui propose une opportunité en apparence exceptionnelle : acquérir des appartements et des locaux commerciaux appartenant à l’État, mis en vente aux enchères publiques. Pour rendre l’histoire plus crédible, il précise que ces biens auraient été confisqués à l’ancien directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, incarcéré à la suite de sa condamnation dans des affaires de corruption.

La victime croit à cette fable. En janvier 2020, Elle décide d’acheter un logement et un local commercial. On lui réclame alors une première mise de fonds d’un milliard et cinquante millions de centimes.

Une mise en scène millimétrée pour soutirer chaque centime

Les versements s’enchaînent, chacun justifié par un nouveau prétexte administratif. Lors d’un second déplacement à Oran, accompagnée de son mari, la victime remet 500 millions de centimes supplémentaires dans un bureau situé au deuxième étage des locaux de l’ANDI. On lui demande ensuite 7,5 millions de centimes au titre de frais de transfert de propriété, avant de lui annoncer qu’un inspecteur principal de la direction des Domaines de l’État la contactera à Alger pour percevoir le solde restant.

Mais au moment de se rapprocher des services de la wilaya pour vérifier l’existence du dossier, la victime se heurte à un vide total : aucun document, aucune trace, aucun bien. Elle dépose immédiatement une plainte auprès des services de sécurité.

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L’enquête démantèle un réseau structuré autour de faux cachets officiels

L’investigation menée par les services de sécurité aboutit rapidement à l’arrestation de sept membres fondateurs du réseau. Parmi eux, deux prévenus avaient établi leur quartier général dans les locaux mêmes de l’ANDI, une institution publique, pour y produire contrats et autorisations falsifiés contre rémunération. Un autre membre du groupe a reconnu avoir utilisé des tampons contrefaits reproduisant les sceaux de plusieurs organismes officiels : l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI), la Conservation foncière d’Oran, ainsi que les services de la wilaya.

Quatre autres suspects, dont une femme, ont été interpellés à l’issue des investigations complémentaires. L’ensemble du groupe a été renvoyé devant la cour criminelle de première instance, qui a prononcé huit ans de prison contre le chef du réseau et six ans contre ses six complices. Ces peines ont fait l’objet d’un appel. Lors de la procédure en appel, le prévenu principal a prétendu avoir perdu l’usage de la parole, tandis que les accusés détenus ont reconnu les faits, contrairement aux prévenus libres qui ont nié toute implication. Le parquet avait requis dix ans de réclusion. La Cour a finalement ramené les peines à six ans pour le meneur et cinq ans pour ses complices.

À noter que lors du premier procès, le « général » fictif avait déjà tenté de déstabiliser la procédure en simulant la folie, avant qu’une expertise psychiatrique ne confirme l’absence de tout trouble mental.

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