OQTF en France : les Algériens largement en tête des nationalités visées en 2026

La France se hisse au premier rang européen en matière de décisions d’éloignement. Entre janvier et juin 2026, ses préfectures ont notifié environ 67 300 obligations de quitter le territoire français à des ressortissants extérieurs à l’Union européenne.
Sur ce total, 13 745 mesures visent des citoyens algériens, soit près d’un cinquième du volume global enregistré sur ce premier semestre, selon les récentes données d’Eurostat.
Les Algériens en tête des OQTF délivrées en France
Aucune autre nationalité n’approche ce niveau. Avec 13 745 décisions notifiées en six mois, l’Algérie devance nettement la Tunisie, créditée de 5 480 mesures, et le Maroc, qui en compte 4 825. Le classement se poursuit avec le Bangladesh (2 470) et la Turquie (2 340), suivis de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Géorgie, de la République démocratique du Congo et de l’Afghanistan, chacun au-dessus du seuil des 1 600 décisions.
Additionnées, les trois nationalités maghrébines totalisent 24 050 OQTF. Cela représente plus du tiers de l’ensemble des ordres délivrés sur le territoire français durant cette période. Une concentration qui n’a rien d’inédit : les travaux parlementaires sur la part des Algériens dans les interpellations de sans-papiers pointaient déjà cette surreprésentation statistique.
Cette photographie semestrielle prolonge une tendance observée à l’échelle continentale. Les relevés d’Eurostat avaient recensé plus de 70 000 Algériens en situation irrégulière dans l’Union européenne sur l’année 2025, un chiffre en progression alors que les autres grandes nationalités reculaient.
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Une OQTF n’entraîne pas automatiquement un départ du territoire
Le volume impressionnant de décisions ne doit pas prêter à confusion. Recevoir une obligation de quitter le territoire français ne signifie nullement que la personne a quitté le sol français. Il s’agit d’un acte administratif, pris par le préfet, lorsque l’administration estime que les conditions du séjour régulier ne sont plus remplies.
Selon les cas, l’intéressé se voit accorder un délai pour organiser son départ volontaire. D’autres mesures sont assorties d’un départ immédiat, sans aucune période de grâce. Cette distinction juridique pèse lourdement sur la suite de la procédure et sur les options ouvertes à la personne visée.
Le taux d’exécution raconte une tout autre histoire que celle des statistiques brutes. Environ 11 % seulement de ces mesures se traduisent par un éloignement effectif. Autrement dit, neuf décisions sur dix restent lettre morte, écart qui alimente régulièrement le débat politique français sur l’efficacité du dispositif.
Le recours devant le tribunal administratif reste ouvert
Toute personne frappée par une telle mesure conserve la possibilité de la contester. Le tribunal administratif est compétent pour examiner ces recours, qui peuvent déboucher sur l’annulation de la décision ou sur la suspension de son exécution. Encore faut-il respecter des fenêtres temporelles devenues très courtes.
Depuis la réforme du contentieux, les délais de recours contre une OQTF varient d’un mois à 48 heures selon la situation de l’intéressé au moment de la notification. Une personne libre dispose d’un mois ; celle assignée à résidence n’a que sept jours ; en rétention administrative, le compte à rebours tombe à deux jours. Le délai applicable est systématiquement mentionné sur le document remis.
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