Ce mardi 3 février, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a rappelé les conditions de la France pour concrétiser sa visite officielle à Alger : la reprise des expulsions des ressortissants algériens en situation irrégulière et la libération de Christophe Gleizes, journaliste français condamné à sept ans de prison pour « apologie de terrorisme ».
Répondant à la proposition de Ségolène Royal qui, dès son retour en France, a pressé le ministre français de l’Intérieur d’officialiser sa visite pour renouer le dialogue entre les deux pays, Laurent Nuñez exclut de se rendre sur place tant que « les conditions minimalistes de la France » ne sont pas remplies.
Interrogé par TF1 ce mardi 3 février 2026, Nunez a affirmé qu’il ne renoncerait pas à ses conditions, bloquant ainsi tout déplacement diplomatique à Alger tant que les attentes de Paris ne seront pas satisfaites.
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Laurent Nuñez pose « les conditions » de sa visite à Alger
Le dégel diplomatique entre Alger et Paris est désormais suspendu à deux conditions sine qua non. Le ministre français de l’Intérieur a lié tout déplacement officiel à la situation de Christophe Gleizes, arrêté en juin 2025, et à une reprise effective des expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière. Sur ce dernier volet, le ministre déplore l’absence de coopération, soulignant que le flux des départs forcés reste au point mort.
« J’attends qu’il y ait une évolution sur ces sujets, je me rendrai à ce moment-là en Algérie. J’ai bon espoir, je sais que j’irai », a-t-il déclaré sur le plateau de TF1.
Laurent Nuñez persiste, qualifiant ses exigences de « conditions minimalistes ». Cette fermeté répond aux critiques de Ségolène Royal qui, de retour en France, jugeait ce déplacement « évident » sur le même plateau la veille. L’ancienne candidate à l’Élysée a d’ailleurs pointé du doigt la responsabilité de Bruno Retailleau, dont le passage à l’Intérieur aurait, selon elle, durablement dégradé les relations avec Alger.
Laurent Nuñez rejette l’idée qu’il agirait « sous la coupe » de Bruno Retailleau. Le ministre français de l’Intérieur estime avoir suffisamment « tendu la main » pour prouver sa propre volonté de dialogue, tout en prenant soin de saluer le travail de son prédécesseur, pour lequel il conserve « une profonde considération ».
🔴 Tensions avec l’Algérie : une prochaine visite ?
🗣️ « Je sais que j’irai, au final, parce qu’on ne peut pas continuer à être dans cette absence de relations. Les discussions techniques sécuritaires, elles, ont repris » : @NunezLaurent
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— TF1Info (@TF1Info) February 3, 2026
« Il faut y aller »
La veille sur le même plateau, la présidente de l’association France-Algérie a exhorté Laurent Nuñez à se rendre sur place, affirmant que les autorités algériennes sont prêtes au dialogue. Elle dénonce une forme de blocage diplomatique de la part de Paris, estimant que l’imposition de conditions préalables — comme la reprise des expulsions et le dossier Christophe Gleizes — témoigne d’un manque de volonté réelle de renouer les liens.
Par ailleurs, Ségolène Royal met en garde contre l’isolement croissant de la France, qu’elle attribue à une instrumentalisation politique de cette crise par certains responsables français. Tandis que Paris reste figé sur des questions sécuritaires, d’autres puissances mondiales (Italie, Allemagne, États-Unis) profitent du dynamisme économique de l’Algérie.
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