Un nouveau sondage du Arab Center Washington DC (ACW) révèle que 87 % des citoyens du monde arabe rejettent la reconnaissance d’Israël, tandis que seulement 6 % y seraient favorables. Ces résultats sont issus de l’Arab Opinion Index 2025, l’une des plus grandes enquêtes d’opinion menées dans la région.
Réalisée à neuf reprises depuis 2011, cette étude a interrogé plus de 40 000 personnes dans 15 pays arabes, sur des sujets variés liés à la politique, l’économie, l’identité et les enjeux géopolitiques. Selon les responsables du centre, cette opposition massive reste constante depuis plusieurs années.
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Une opposition renforcée par la guerre à Gaza
Lors d’un webinaire organisé mardi, Tamara Kharroub, directrice exécutive adjointe et chercheuse principale au ACW, a souligné qu’« une immense majorité s’oppose à la reconnaissance d’Israël ». D’après les données du centre, cette tendance se maintient dans tous les sondages réalisés depuis 2014.
Les pays concernés par l’enquête sont : Algérie, Égypte, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Mauritanie, Maroc, Palestine, Qatar, Arabie saoudite, Soudan, Syrie et Tunisie.
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L’opinion des citoyens arabes sur la reconnaissance d’Israël par leur pays (crédit : ACW)
Le sondage met en évidence que les raisons principales du rejet ne sont pas religieuses ou culturelles, mais plutôt politiques. Les participants évoquent notamment le caractère colonial, raciste et expansionniste attribué à Israël, ainsi que la poursuite de l’occupation des territoires palestiniens.
Algérie et Maghreb : une position largement alignée sur la cause palestinienne
Le rapport estime également que cette position ne devrait pas évoluer tant que ces éléments persisteront. De son côté, Yousef Munayyer, responsable du programme Palestine/Israël au ACW, affirme qu’Israël est toujours perçu comme une menace dans la région, et que cette perception s’est renforcée ces dernières années, notamment depuis la situation à Gaza.
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Dans les pays du Maghreb arabe, dont l’Algérie, la question palestinienne reste un marqueur politique majeur. Le sondage fournit également les chiffres détaillés pour chaque pays du Maghreb. L’Algérie figure parmi les pays les plus opposés, avec seulement 2 % de personnes favorables, 88 % défavorables et 10 % n’ayant pas souhaité répondre. Au Maroc, 6 % des participants se disent favorables à la reconnaissance d’Israël, tandis qu’en Libye, cette proportion tombe à seulement 1 %.
La Libye affiche d’ailleurs l’un des taux d’opposition les plus élevés, atteignant 96 %, suivie par d’autres pays comme la Jordanie (95 %) et le Koweït (94 %). Ces résultats confirment une réalité : malgré certaines démarches de normalisation entreprises par des États arabes, l’opinion publique reste majoritairement hostile à toute reconnaissance d’Israël.
Une minorité favorable mais sous conditions
Le sondage note également une baisse du soutien à la reconnaissance : le taux d’acceptation a diminué de deux points par rapport à 2022. Parmi les 6 % favorables, la moitié conditionne cette reconnaissance à la création d’un État palestinien indépendant.
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Enfin, l’étude révèle que 76 % des répondants considèrent que le monde arabe forme une seule nation, illustrant une identité commune toujours très présente dans la région.

