Considérées comme l’une des principales causes de cécité dans le monde, les pathologies rétiniennes font l’objet d’une attention particulière en Algérie. Entre thérapie génique, intelligence artificielle et nouveaux traitements biologiques, les spécialistes algériens affichent un optimisme prudent lors des journées de formation organisées récemment à Alger.
Réunis sous le slogan « La science, l’innovation et la rétine au cœur du futur », de nombreux experts ont débattu des dernières avancées technologiques. Si le diagnostic précoce reste le maître-mot, l’arsenal thérapeutique s’enrichit de techniques révolutionnaires qui transforment la prise en charge des patients.
Des innovations de rupture : de la génétique à l’IA
La Professeure Nadia Ouslim, chef de service d’ophtalmologie à l’EHS d’Oran et présidente de l’Association Nationale de la Rétine, a détaillé les avancées majeures qui marquent le secteur :
- La Thérapie Génique : Une technique d’avant-garde consistant à introduire des gènes sains pour remplacer ceux défaillants. Elle offre des résultats prometteurs, notamment pour les maladies héréditaires rares, en restaurant progressivement la vision.
- Les Traitements Biologiques : Les injections intraoculaires (Anti-VEGF) sont devenues le standard pour stabiliser la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge) en stoppant la prolifération de vaisseaux sanguins anormaux.
- L’Intelligence Artificielle (IA) : Elle s’impose désormais comme un outil de diagnostic ultra-précoce, capable de détecter des anomalies imperceptibles à l’œil nu, augmentant ainsi considérablement les chances de succès des traitements.
- Les Cellules Souches : Bien que toujours en phase de recherche, elles représentent l’espoir de demain pour régénérer les tissus rétiniens endommagés.
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Le diagnostic précoce : une arme contre les maladies « silencieuses »
La rétine souffre souvent de pathologies dites « silencieuses » : le patient ne ressent aucune douleur alors que sa vision se dégrade de manière irréversible. Qu’il s’agisse de la rétinopathie diabétique ou du décollement de la rétine, la Professeure Ouslim insiste sur l’importance vitale du dépistage.
« Le diagnostic précoce est le seul rempart efficace contre la perte totale de la vue. Plus la prise en charge est rapide, plus nous avons de chances de freiner la dégénérescence », rappelle-t-elle.
Malgré la qualité de la formation et la disponibilité de nombreux spécialistes au Nord, un déséquilibre géographique persiste. L’Algérie fait face à un déficit de chirurgiens de la rétine dans les villes de l’intérieur du pays. Un enjeu majeur pour assurer l’équité des soins sur tout le territoire national.
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Une relance scientifique attendue
Cet événement, organisé par l’Association Nationale de la Rétine, marque également le grand retour de cette institution sur la scène académique. Après une suspension de ses activités depuis 2014, l’association renoue avec sa mission de formation continue à travers des ateliers pratiques, notamment sur l’imagerie par tomographie en cohérence optique (OCT), en collaboration avec des experts nationaux et internationaux.
Grâce à cette synergie entre médecine et technologie, la lutte contre la cécité en Algérie entre dans une nouvelle ère, où la technologie vient pallier les défaillances biologiques pour offrir un second souffle aux millions de personnes malvoyantes.
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