« On ne peut pas faire sans l’Algérie » : après la crise, la coopération entre Paris et Alger repart

« On ne peut pas faire sans l’Algérie » : après la crise, la coopération entre Paris et Alger repart
Après des mois de fortes tensions diplomatiques, Paris et Alger affichent des signes clairs de rapprochement. Gérald Darmanin et Laurent Nuñez évoquent désormais une reprise active de la coopération entre les deux pays.

Après plusieurs mois de vives tensions diplomatiques, l’heure est à l’apaisement entre la France et l’Algérie. Entre la récente visite du ministre de la Justice à Alger et les déclarations rassurantes de Laurent Nuñez mardi 19 mai sur BFMTV-RMC, les deux pays officialisent une reprise de « bonnes » relations.

Signe d’un dégel entre la France et l’Algérie, les signaux positifs s’accumulent. Après le voyage officiel du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, à Alger, c’est au tour du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de confirmer mardi 19 mai au micro de BFMTV-RMC le retour à des relations apaisées.

« Les relations sont bonnes, elles sont reparties, ce sont deux grands pays qui se parlent en matière de sécurité. Les choses se réenclenchent. Bien sûr qu’il faut que ça aille plus vite, bien sûr qu’il faut que ça soit plus fort, mais les choses se réenclenchent », a-t-il affirmé.

Selon Nuñez, les relations franco-algériennes sont « bonnes »

Le ministre a assuré que la dynamique était relancée entre ces deux pays, notamment sur les enjeux de sécurité. Tout en admettant que le processus méritait d’être accéléré et intensifié, il s’est félicité de cette reprise de dialogue : « Beaucoup de choses étaient au point mort », a-t-il rappelé, soulignant le rétablissement de liens sécuritaires qui s’étaient totalement rompus.

Insistant sur l’importance cruciale de la coopération judiciaire, notamment en matière d’immigration, de renseignement et de lutte antiterroriste, le ministre français de l’Intérieur a annoncé la visite prochaine de son homologue algérien en France.

Ce déplacement, qui sera planifié dès la semaine prochaine, réunira l’ensemble des directeurs de la sécurité des deux ministères pour structurer ce rapprochement.

« Un traité d’amitié »

Au lendemain de son déplacement à Alger, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a partagé sur Europe 1 son ambition à long terme : voir « un jour » un « traité d’amitié » lier Paris et Alger dans un esprit de respect mutuel. Un horizon encore lointain, comme l’a lui-même tempéré le garde des Sceaux : « On n’en est pas du tout là ».

Le garde des Sceaux a plaidé pour une révision des textes historiques, affirmant qu' »il faut dépasser cet accord de 1968 (…) la société était très différente (…) On n’est plus au temps du général de Gaulle ». Selon lui, cette modernisation est une nécessité partagée : « Les autorités algériennes le savent ».

Le dégel franco-algérien passe aussi par les tribunaux. Gérald Darmanin a acté une « reprise de la coopération judiciaire », martelant : « On ne peut pas faire sans l’Algérie, et je ne pense pas que l’Algérie puisse faire sans la France ». Avec un objectif concret à très court terme : obtenir des extraditions « dans les prochaines semaines », du jamais-vu « depuis très longtemps ».

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