C’est la fin du non-dit pour Robert Ménard. Au micro de Jean-Jacques Bourdin, le maire de Béziers a confessé que son contentieux avec l’Algérie puisait sa source dans l’indépendance de l’Algérie en 1962.
L’aveu est de taille : Robert Ménard reconnaît enfin que son hostilité envers l’Algérie puise sa source dans le triomphe de l’indépendance algérienne. Né à Oran au sein d’une famille pied-noire installée depuis 1850, l’élu semble reprocher à l’Histoire d’avoir rendu leur liberté aux Algériens.
Ce traumatisme de l’exil, vécu à l’âge de neuf ans, ne justifie pourtant pas la persistance d’un ressentiment envers une nation qui n’a fait que reconquérir ses droits face à plus d’un siècle de présence coloniale.
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Robert Ménard reconnaît que sa rancoeur envers l’Algérie vient de son indépendance
En France, le courant nostalgique de « l’Algérie française » s’affiche désormais sans complexe. Robert Ménard, maire de Béziers, incarne cette persistance d’un passé révolu, nourrie par une rancœur tenace envers une Algérie qui a su conquérir sa liberté.
Le maire de Béziers persiste dans une nostalgie coloniale qui semble ignorer les réalités de l’Histoire. Interrogé par Bourdin, il étale sa rancœur envers une Algérie indépendante depuis 1962, tout en déplorant les restrictions de visa qui le frappent. Son récit familial, évoquant un père installé en 1850 et convaincu de sa légitimité sur ce sol, trahit une incompréhension profonde de la lutte de libération nationale.
Près de 63 ans après que l’Algérie a brisé ses chaînes, Robert Ménard reste toujours convaincu : « le général De Gaulle a bradé l’Algérie . Peut-être qu’il avait ses arguments, mais ils étaient inaudibles. On était chez nous ».
« Je voulais emmener Emmanuelle, ma fille, pour lui montrer le pays d’où je viens, à quoi ça ressemble, pourquoi on avait un tel regret de ça, pourquoi on a toujours trouvé que la mer est plus chaude en Algérie que de l’autre côté de la Méditerranée, et que ça, c’est des choses qui n’ont pas de prix », a-t-il déclaré.
La député Sabrina Sebaihi recadre le maire de Béziers
Les propos du maire de Béziers ont immédiatement provoqué une vague d’indignation et des recadrages nécessaires. La députée Sabrina Sebaihi a ainsi tourné en dérision cette nostalgie de « l’Algérie française », dénonçant la prétention de l’élu à se croire encore « chez lui » en Algérie.
Oh les robes des filles, oh le soleil si brillant, oh la mer si chaude… La larme à l’œil, Ménard déroule sa nostalgie de l’Algérie française.
Offusqué de ne pas pouvoir se rendre en Algérie faire son pèlerinage colonial, il nous dit « On était chez nous ». Bah non. pic.twitter.com/d3oN9YPh2V
— Sabrina Sebaihi (@SabrinaSebaihi) February 25, 2026
De son côté, l’historien Fabrice Riceputi a rétabli la vérité historique avec fermeté : depuis 1830, les colons étaient chez « eux », le peuple algérien, et non l’inverse. Pour l’historien, ce refus d’accepter l’indépendance témoigne d’un aveuglement persistant sur la nature réelle du système colonial, dont certains restent les prisonniers idéologiques.
» Non Bébert, t’étais pas « chez toi », mais, depuis 1830, chez « eux ». Certains Pieds-Noirs marqués par l’OAS et restés à l’extrême droite refusent toujours de comprendre qu’ils furent fondamentalement les victimes collatérales d’un système profondément injuste : le système colonial », a rappelé Fabrice Riceputi.
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