Le GAFI vient d’acter, à l’unanimité, le retrait définitif de l’Algérie de la liste grise. Une décision qui couronne deux ans de réformes profondes du système financier national, saluées comme « remarquables » par les délégations internationales.
C’est depuis le siège parisien de l’OCDE qu’est tombée, ce vendredi 19 juin, une décision attendue de longue date : réunis en session plénière, les membres du Groupe d’action financière internationale (GAFI) ont voté à l’unanimité le retrait définitif de l’Algérie de la liste grise.
La délégation algérienne, conduite par le ministre des Finances et le Gouverneur de la Banque d’Algérie, était présente pour recevoir cette reconnaissance internationale. Pour Alger, il s’agit d’une victoire diplomatique autant qu’économique.
L’Algérie sort de la liste grise du GAFI avec les félicitations de la communauté internationale
Le rapport adopté lors de cette plénière ne se contente pas d’acter une sortie technique. Il formule un satisfecit explicite sur la qualité et le rythme des transformations engagées.
Le GAFI y note que « l’Algérie a pris des mesures importantes pour améliorer son régime de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) sur plusieurs points, certains étant en avance sur le calendrier ».
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Deux facteurs ont particulièrement retenu l’attention des délégations internationales. D’abord, l’implication personnelle et constante des plus hautes autorités de l’État dans le pilotage des chantiers législatifs et opérationnels.
Ensuite, la mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteurs financiers et judiciaires du pays, une synergie qualifiée de « remarquable » et d' »exemplaire » par les observateurs présents.
Un arsenal de réformes bâti méthodiquement depuis l’inscription fin 2024
Inscrite sur la liste grise à la fin de l’année 2024, l’Algérie a engagé sans délai un plan d’action ambitieux. Dès février 2026, le GAFI avait déjà signalé que le pays avait substantiellement achevé son plan d’action et justifiait une évaluation sur place, dernière étape avant une éventuelle sortie. La mission d’inspection a visiblement confirmé ce que les textes laissaient présager.
Sur le plan législatif, les autorités ont renforcé le régime de déclaration des opérations suspectes, mis en place un cadre juridique pour les sanctions financières ciblées liées au financement du terrorisme, et élaboré un dispositif efficace de traçabilité des bénéficiaires effectifs.
La supervision fondée sur les risques a été profondément révisée, avec des inspections régulières et des sanctions qualifiées de « proportionnées et dissuasives ».
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Sur le terrain opérationnel, les réformes ont touché des secteurs jusqu’ici peu régulés. Le marché de l’or et des métaux précieux a notamment été soumis à une traçabilité numérique stricte, les bijoutiers étant désormais tenus de se connecter via des adresses IP fixes pour leurs déclarations fiscales. Un signal fort envoyé à un secteur traditionnellement vulnérable aux circuits informels.
Une sortie de liste grise qui redessine la perception du risque pays
Au-delà de la validation technique, les conséquences pratiques de cette décision sont considérables. La perception du risque pays se trouve directement améliorée, ce qui devrait fluidifier les transactions internationales et réduire les frictions auxquelles font face les entreprises algériennes dans leurs opérations avec des partenaires étrangers.
Pour les investisseurs, le signal est clair. Un pays retiré de la liste grise du GAFI offre des garanties de transparence et d’intégrité financière alignées sur les standards les plus exigeants.
Cela se traduit concrètement par une réduction des procédures de due diligence imposées aux contreparties étrangères et par une meilleure accessibilité aux financements internationaux.
