L’Algérie et la France affichent à nouveau leur volonté de resserrer leurs liens économiques. À Alger, une rencontre entre les principales organisations patronales des deux pays (CREA et MEDEF) relance un dialogue jugé insuffisamment structuré jusqu’ici.
Dans un contexte international sous tension, cette initiative entend poser les bases d’une coopération plus concrète, tournée vers des projets communs et des intérêts partagés.
Coopération économique Algérie–France : une relance portée par les patronats
Le Conseil du Renouveau Économique Algérien (CREA) et le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) ont publié, le 26 avril 2026, un communiqué commun appelant à renforcer la coopération économique Algérie–France. Cette prise de position intervient à l’occasion de la visite à Alger de Patrick Martin, président du MEDEF, à l’invitation de Kamel Moula, président du CREA.
🟢 A LIRE AUSSI : L’Espagne accélère le retour de ses entreprises sur le marché algérien après la détente diplomatique
Les deux organisations inscrivent cette démarche dans un environnement mondial marqué par « les tensions géopolitiques, les crises énergétiques et les défis climatiques ». Dans ce contexte, elles estiment « plus que jamais nécessaire d’intensifier et de structurer le dialogue économique entre les acteurs économiques ».
L’objectif affiché consiste à bâtir des partenariats de voisinage « fondés sur la confiance, le partage des intérêts et la complémentarité ».
Coopération économique Algérie–France : un potentiel déjà présent mais jugé sous-exploité
Le communiqué met en avant une réalité déjà installée. Plusieurs centaines d’entreprises françaises opèrent en Algérie. Elles collaborent quotidiennement avec leurs partenaires locaux, dans des secteurs variés.
🟢 A LIRE AUSSI : France : 2 000 objets préhistoriques d’Algérie saisis dans une salle des ventes
Cet ancrage économique constitue une base solide, mais les deux patronats estiment qu’il reste en deçà des capacités réelles. Ils appellent à adapter cette relation aux exigences actuelles. Notamment celles liées aux mutations économiques globales.
Parmi les atouts identifiés :
- Les compétences de la jeunesse algérienne
- Les ressources naturelles du pays
- L’expertise technologique française
- La position géographique stratégique, « au carrefour de l’Afrique et de l’Europe »
Ces éléments sont présentés comme complémentaires et susceptibles de soutenir une coopération plus durable.
CREA – MEDEF : vers un programme sectoriel concret
Au-delà des déclarations, les deux organisations annoncent une étape opérationnelle. Consistant à la mise en place prochaine d’un programme de travail sectoriel commun.
Ce dispositif doit permettre de structurer la coopération entre entreprises algériennes et françaises autour de filières ciblées. Les contours précis de ce programme n’ont pas encore été détaillés, mais son principe marque une volonté de passer à une phase plus concrète.
🟢 A LIRE AUSSI : Importation de produits pharmaceutiques : suspension immédiate des autorisations en Algérie
Le communiqué insiste sur le rôle central des entreprises dans cette dynamique, considérées comme des moteurs de développement, d’innovation et de création d’emplois, notamment à travers des projets conjoints.
Une coopération économique Algérie–France appelée à évoluer
La rencontre entre les dirigeants du CREA et du MEDEF traduit une volonté partagée de redéfinir les bases de la coopération économique entre les deux pays.
Les deux parties soulignent la nécessité d’adapter cette relation aux enjeux du XXIe siècle. En misant sur des partenariats plus structurés et orientés vers des résultats tangibles.
Sans détailler encore les secteurs prioritaires ni le calendrier, cette initiative ouvre une nouvelle séquence dans les relations économiques bilatérales. Avec l’ambition affichée de mieux exploiter les complémentarités existantes.
