Nouveau procès de Tahkout : les détails chocs d’une fortune dissimulée entre la Suisse et la France

Nouveau procès de Tahkout : les détails chocs d’une fortune dissimulée entre la Suisse et la France
Mahieddine Tahkout

L’homme d’affaires incarcéré à la prison d’El Meniaâ, Mahieddine Tahkout, a comparu devant le tribunal du pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption financière et économique de Sidi M’hamed, à Alger. Il est poursuivi dans une nouvelle affaire liée notamment au blanchiment d’argent, à la détention de comptes bancaires dépassant le milliard d’euros ainsi qu’à la possession de biens immobiliers en Suisse, a-t-on appris du média Ennahar.

De lourdes accusations ont été retenues contre lui. Il s’agit notamment de falsification de documents sous seing privé, blanchiment d’argent dans le cadre d’une organisation criminelle, exploitation des facilités liées à une activité professionnelle, participation au détournement de fonds publics, infraction à la législation sur les changes et mouvements de capitaux, ainsi que dissimulation de revenus issus d’activités criminelles.

À la barre, l’accusé a catégoriquement rejeté l’ensemble des charges. Il a affirmé que le rapport transmis par l’ancien directeur général de la sûreté nationale avait induit l’opinion publique en erreur. Ce document évoquait l’existence d’un compte bancaire en Suisse crédité de 1,17 milliard d’euros, ajoute la même source. Tahkout a démenti, assurant disposer de trois comptes bancaires, dont deux vides, tandis que le troisième ne contiendrait que 3 675 euros. Selon lui, ces fonds proviennent d’une reconnaissance de dette avec son associé, identifié comme (Djelali M.).

Le juge l’a toutefois confronté à des transferts illégaux de devises à l’étranger via la surfacturation, ainsi qu’à des éléments d’enquêtes internationales attestant de la détention de sociétés en Suisse. L’accusé a maintenu sa ligne de défense, niant tout blanchiment d’argent ou transfert illicite de capitaux.

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Biens à l’étranger et transferts suspects

Au cours de l’audience, le président du tribunal a interrogé l’accusé sur la possession de biens immobiliers à Lille, Genève et Paris, ainsi que sur des virements effectués entre 2016 et 2018. Tahkout a reconnu l’existence d’un seul compte actif, réaffirmant que les fonds proviennent d’une dette. Il a expliqué que son partenaire exerçait avec lui dans le secteur touristique à l’étranger, achetant des immeubles pour les revendre à des touristes. Il a également indiqué que les deux hommes détenaient trois appartements à Nice en 2008, vendus pour 1,065 million d’euros, en plus d’autres projets immobiliers à Lille, Montpellier et Paris.

Interrogé sur un bien industriel à Lille acquis en 2008, l’accusé a déclaré ne pas se souvenir du prix d’achat, précisant qu’il s’agissait d’un bâtiment abandonné et affirmant ne posséder aucun bien immobilier en France à son nom. Le juge a toutefois relevé des contradictions dans ses déclarations.

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Réquisitions du parquet et Développements futurs

Selon toujours Ennahar, la question d’une supposée épouse non déclarée, identifiée comme (B. F.), a été soulevée. Cette dernière serait propriétaire de biens à l’étranger. Tahkout a nié toute relation avec elle, demandant des preuves formelles. L’instruction a également révélé que Tahkout détenait une entreprise pharmaceutique baptisée HH Medeco, fondée en 2016. Une enquête des services des douanes au port sec de Blida a mis en évidence des infractions liées à l’importation de 36 conteneurs de matériel médical d’une valeur de plus de 14 millions d’euros.

L’accusé a rejeté la responsabilité sur l’administrateur judiciaire (Nabil S.), affirmant qu’il était incarcéré au moment des faits et n’avait aucun lien avec les opérations douanières. Il a accusé ce dernier d’être à l’origine de la surfacturation. Concernant l’acquisition présumée d’un avion privé américain, Tahkout a affirmé qu’il ne s’agissait que d’une location temporaire de deux ans, niant posséder des biens à l’étranger.

Enfin, le représentant du Trésor public s’est constitué partie civile, réclamant une indemnisation de 300 milliards de centimes pour les préjudices subis. De son côté, le parquet du pôle pénal spécialisé a estimé que les faits étaient établis et a requis une peine de 16 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 8 millions de dinars, ainsi que la confiscation de l’ensemble des biens saisis.

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