Les élections locales et la révision constitutionnelle constitueront, à court terme, l’essentiel de la feuille de route fixée au successeur d’Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement. Des questions relevant des domaines social et économique feront partie également des priorités du nouveau locataire du Palais du gouvernement.
Ayant occupé jusque-là plusieurs postes ministériels, Abdelmalek Sellal dispose, de l’avis de plusieurs analystes de la question politique nationale, de «suffisamment d’atouts pour mener à bien sa mission à la tête du gouvernement». De plus, on dit aussi qu’il est dans le cercle le plus proche du président de la République, dont il a été à deux reprises le directeur de campagne électorale aux présidentielles de 2004 et 2009. Sur un autre plan, et contrairement à son prédécesseur, le nouveau Premier ministre n’a pas non plus d’appartenance partisane. Une particularité qui pourrait être également un avantage pour «piloter sans parti pris le futur gouvernement que le chef de l’Etat veut le plus large possible». En d’autres termes, Abdelmalek Sellal, qui ne se revendique d’aucune couleur politique, à la différence de son prédécesseur, tentera, sans aucun doute, de marquer de son empreinte son entrée à la tête du gouvernement. Pour preuve, outre les questions connues de l’opinion publique, telles que l’organisation des élections locales prévues pour novembre prochain ou encore la révision constitutionnelle, l’ex-ministre des Ressources en eau est appelé à poursuivre les réformes déjà engagées. «Nous avons effectivement du pain sur la planche et notre objectif principal est la poursuite de la mise en œuvre du programme du président de la République sur le terrain », a-t-il indiqué dans une déclaration à la presse quelques minutes après son installation à la tête du gouvernement. Il évoquera aussi «la nécessité de donner un souffle nouveau à l’économie nationale», tout en mettant en exergue les «importantes potentialités que recèle l’Algérie pour faire face aux défis imposés par les développements économiques internationaux», des développements qui «ne sont pas toujours de bon augure». Et pour afficher sa détermination, pour mener à bien sa mission, le nouveau Premier ministre n’a pas hésité à déclarer être «totalement confiant» en la capacité du nouveau gouvernement à «mener à bien cette mission». Il reste la réalité du terrain. D’ailleurs, il est important de noter que plusieurs projets de loi sont programmés par le nouveau bureau de l’Assemblée nationale. Ainsi, on peut citer notamment le projet de loi relatif à l’organisation de la profession d’avocat, déjà soumis à l’Assemblée, ou encore sept autres textes qui «peuvent être déposés lors de cette session». Il s’agit du projet de loi de règlement budgétaire de l’année 2013, du projet de loi de finances pour l’année 2013 et du projet de loi modifiant et complétant la loi n°05 07 du 28 avril 2005 sur les hydrocarbures. Il est également question du projet de loi relatif à l’approbation de l’accord de délimitation des frontières maritimes algéro-tunisiennes signé à Alger le 11 juillet 2011 et du projet de loi modifiant et complétant la loi n°04- 08 du 14 août 2004 relative aux conditions de la pratique des activités commerciales. Selon d’autres sources, l’ordre du jour de cette session comprend également l’examen du projet de loi modifiant et complétant l’ordonnance n° 106-76 du 9 décembre 1976 portant code des pensions militaires, outre le projet de loi portant organisation et développement de la formation et des activités physiques et sportives. Parmi les urgences que doit affronter également Sellal, il y a lieu de citer la gestion d’une difficile rentrée sociale, au plan national et au plan régional, une situation des plus périlleuses notamment au Sahel. Il est enfin clair que la mission la plus importante pour le nouveau Premier ministre reste la préparation de la future élection présidentielle dont nous ne séparent que quelques mois.
A. B.
