« Nos services échangent à nouveau » : le dialogue sécuritaire relancé entre Paris et Alger ?

« Nos services échangent à nouveau » : le dialogue sécuritaire relancé entre Paris et Alger ?
Après des mois de crispations diplomatiques, Paris assure que les échanges sécuritaires avec Alger ont repris, malgré un climat toujours jugé difficile.

Bien que les négociations demeurent complexes, Laurent Nuñez, ministre français de l’Intérieur, souligne une reprise du dialogue entre Alger et Paris, précisant que les échanges techniques et les collaborations entre services ont repris.

Pour rappel, le froid diplomatique actuel a été déclenché à l’été 2024, lorsque la France a apporté son soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. En conséquence, Alger a rappelé son ambassadeur et a réduit ses coopérations. Les relations se sont encore dégradées avec des dossiers sensibles comme l’affaire de Boualem Sansal et les polémiques sur les obligations de quitter le territoire français (OQTF).

Depuis l’automne 2025, on observe une tentative de reprise de contact, notamment avec la nomination de Laurent Nuñez en remplacement de Bruno Retailleau à l’Intérieur français. Ce qu’il évoque en parlant de « réunions techniques » malgré un climat qui reste « difficile ».

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« Nos services échangent à nouveau », Laurent Nuñez

Lors de son passage sur France Inter, vendredi 30 janvier 2026, le ministre français de l’Intérieur a mis l’accent sur le rétablissement de la coopération sécuritaire entre Paris et Alger. Après une phase de silence diplomatique, Nunez a confirmé que les canaux de communication étaient à nouveau ouverts. S’il reconnaît que le rythme des négociations est encore trop lent, il assure que le dialogue opérationnel est maintenu.

« Les relations sont toujours difficiles avec l’Algérie (…) Je devais me rendre sur place mais à certaines conditions, notamment la reprise de la délivrance des laissez-passer pour les ressortissants algériens en situation irrégulière », explique-t-il.

« Les discussions se poursuivent, elles ne vont pas assez vite à mon goût et au goût de beaucoup de personnes, mais elles se poursuivent, et évidemment, on espère toutes et tous la libération de Christophe Gleizes« , journaliste français condamné à sept ans de prison pour apologie de terrorisme.

« Nous tendons la main à l’Algérie »

Le ministre ne cache pas la difficulté des relations bilatérales, mais il voit dans la reprise de la coopération technique une avancée notable. C’est, selon lui, le premier signe tangible d’une normalisation après une phase de rupture sévère.

« Nous tendons la main à l’Algérie sur un certain nombre de sujets, maintenant il faut savoir la saisir, il y a un certain nombre de gestes qui sont attendus » de la part d’Alger. « Nous avons des réunions techniques, nos services échangent à nouveau, il y a des échanges sécuritaires, donc on n’est pas du tout dans la rupture, il faut s’en féliciter puisqu’il n’y avait plus d’échanges sécuritaires« , salue Laurent Nuñez.

« Maintenant on attend des bougers très forts, sur la reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière, et deuxièmement, évidemment, la situation de Christophe Gleizes est en haut de la pile, en haut même au sommet de nos préoccupations », conclut-t-il.

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