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Neil Zeghidour : le chercheur d’origine algérienne qui veut remplacer le clavier par la voix

Neil Zeghidour : le chercheur d’origine algérienne qui veut remplacer le clavier par la voix
Neil Zeghidour, chercheur d’origine algérienne et cofondateur de Gradium, développe des technologies d’intelligence artificielle vocale.

À 35 ans, Neil Zeghidour dirige Gradium, une start-up parisienne d’intelligence artificielle vocale soutenue par Nvidia. De Paris-Dauphine à Google, ce chercheur d’origine algérienne a inventé des technologies aujourd’hui au cœur de l’IA vocale mondiale. Son ambition : nous débarrasser du clavier.

Qui est Neil Zeghidour, le fondateur de Gradium ?

Il a 35 ans, deux enfants, et dirige l’une des start-up les plus en vue de l’intelligence artificielle européenne. Neil Zeghidour a cofondé Gradium, une entreprise parisienne spécialisée dans l’IA vocale. Ses modèles répondent en 50 millisecondes, un temps qu’il présente comme le plus rapide du monde.

Interrogé sur l’origine de son nom dans le podcast Génération Do It Yourself, il répond simplement : « algérien berbère ». Neil Zeghidour est donc d’origine algérienne. Son parcours illustre une réussite construite sur la recherche fondamentale.

De Paris-Dauphine à Google : le parcours de Neil Zeghidour

Neil Zeghidour n’a pas suivi la voie classique des grandes écoles d’ingénieurs. Il étudie les mathématiques financières à l’université Paris-Dauphine, puis effectue un stage en finance quantitative. Face aux flux d’informations des marchés, il découvre l’apprentissage automatique et s’oriente vers un master spécialisé.

Il prépare ensuite sa thèse chez Facebook, dont il devient le premier doctorant au laboratoire parisien. Son sujet : s’inspirer de l’apprentissage du langage chez les bébés pour concevoir des algorithmes plus efficaces. Il travaille sur l’audio et la reconnaissance vocale dès ses débuts.

Il rejoint ensuite Google Brain. Avec son futur associé Olivier Teboul, il y invente l’équivalent des grands modèles de langage pour l’audio. Cette technologie, capable de générer la voix comme la musique, se retrouve aujourd’hui derrière Suno, ElevenLabs ou le mode vocal d’OpenAI.

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Kyutai et Moshi : Neil Zeghidour, pionnier de la conversation vocale

En 2023, il quitte Google pour cofonder Kyutai, un laboratoire de recherche à but non lucratif installé à Paris. Xavier Niel, Eric Schmidt et Rodolphe Saadé dotent le projet de 300 millions d’euros. La seule consigne : travailler sur des sujets à fort impact.

Six mois plus tard, l’équipe dévoile Moshi, le premier modèle de conversation vocale en temps réel rendu public. Contrairement aux assistants classiques, il écoute et parle en même temps, comme un humain. Ses travaux, publiés en libre accès, ont ensuite inspiré de nombreux modèles dans le monde.

Gradium : 100 millions de dollars et le soutien de Nvidia

Face à l’afflux de demandes d’éditeurs de jeux vidéo et de fabricants de smartphones, il change de cap. En septembre 2025, il cofonde Gradium avec Olivier Teboul, Laurent Mazaré et Alexandre Défossez. La start-up naît comme une émanation de Kyutai, qui figure parmi ses principaux actionnaires.

Gradium lève d’abord 70 millions de dollars en décembre 2025, auprès notamment d’Eric Schmidt et de Xavier Niel. En juillet 2026, Nvidia entre à son capital, et la levée atteint 100 millions de dollars. La start-up ouvre dans la foulée un bureau dans la baie de San Francisco.

Avec moins de 25 salariés, Gradium fournit ses modèles vocaux à des développeurs du monde entier. Renault les utilise déjà, notamment pour des transitions vocales dans des playlists de podcasts écoutées en voiture. La start-up prévoit de couvrir bientôt une soixantaine de langues, dont l’arabe.

IA vocale : pourquoi Neil Zeghidour veut se débarrasser du clavier

Pour Neil Zeghidour, la voix deviendra l’interface principale entre les humains et les machines. « J’ai hâte d’arriver au moment où on va pouvoir se débarrasser du clavier », confie-t-il. L’essor des agents d’IA, auxquels on parle en langage naturel, renforce selon lui cette évolution.

Il rappelle pourtant que les modèles vocaux restent fragiles face à des tâches simples. Prononcer un numéro de téléphone ou une plaque d’immatriculation pose encore problème à beaucoup d’entre eux. Gradium mise donc sur la fiabilité, la rapidité et la personnalisation des voix, avec n’importe quel accent.

Ses équipes ont même enregistré leurs propres voix, en se racontant leurs vacances, pour obtenir un rendu plus naturel. Les clients jugeaient en effet trop artificielles les voix de comédiens professionnels, trop articulées. Les hésitations et les imperfections rendent paradoxalement la machine plus humaine.

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Neil Zeghidour et les talents algériens de la tech mondiale

Neil Zeghidour rejoint une longue liste de talents d’origine algérienne qui brillent dans la recherche et l’entreprise. De la Silicon Valley aux laboratoires européens, la diaspora contribue à l’innovation mondiale. Algérie360 a déjà consacré des portraits à plusieurs d’entre eux.

Le chercheur attribue une part de son succès à la chance et au bon timing. Aux jeunes, il recommande de ne pas suivre les modes et de miser sur les fondamentaux, mathématiques et informatique en tête. Selon lui, cette formation ne perdra « jamais sa valeur ».

IR

Ilyes Rahmani

Journaliste Diaspora à Algérie360

Basé à Marseille, Ilyes Rahmani couvre la vie des Algériens établis en France pour Algérie360. Il suit de près les titres de séjour, l’accord franco-algérien de 1968, les prestations sociales et les services consulaires. Ses articles partent des questions concrètes que posent les lecteurs.Vous vivez une situation administrative bloquée ? Écrivez-lui à ilyesrahmani@algerie360.com.

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