Ne comptant pas répondre positivement aux revendications du Mujao,Alger mobilise ses troupes

Ne comptant pas répondre positivement aux revendications du Mujao,Alger mobilise ses troupes

1_photo_1345999723432_1_0_210288251.jpgLe diplomate algérien, Tahar Touati

Loin de toute éventuelle confusion et après l’information selon laquelle le diplomate algérien Tahar Touati aurait été exécuté, Alger déclenche l’alerte maximale à ses frontières Sud.

Près de 30.000 soldats dotés de gros moyens ont été mobilisés en plus de l’effectif déjà sur place depuis plus d’une année, pour faire face à la menace. Celle-ci est à l’évidence véhiculée par un soi-disant groupe dissident d’Al Qaîda au Maghreb, le Mujao! Celui-ci s’est distingué par la prise d’otages. Sachant que ce pseudo-groupe terroriste dont les origines et les accointances ne cessent de susciter de nombreuses interrogations, ose hausser le ton contre l’Algérie et persiste à faire pression sur les autorités algériennes pour semer le trouble. Par cette diversion il permet à certaines parties de s’incruster dans la région. Né au Maroc, à l’ombre de la guerre déclenchée par l’Otan contre la Libye, confient des sources bien informées, le Mujao semble avoir un soutien occidental solide. Ses actions sont exclusivement rapportées par l’AFP, une agence de presse qui fait de la sous-traitance au profit de l’Elysée pour des objectifs cyniques visant à impliquer malgré elle l’Algérie dans le nord du Mali dans l’espoir de la voir commettre des impairs. C’est très difficile d’accuser directement l’Hexagone d’être à la source de la situation qui prévaut actuellement au Sahel, cependant tous les observateurs avertis notent que les ingrédients sont rassemblés pour la défense de ses intérêts. Quoique l’information selon laquelle un des fonctionnaires consulaires, pris en otage par les terroristes du Mujao aurait été tué, n’a encore été ni confirmée, ni infirmée, mais au cas où elle venait à être confirmée, l’Algérie aura prouvé qu’elle n’a pas attendu d’être dans ce genre de situation pour, être forcée de revoir sa stratégie sur le plan opérationnel et agir. Conscients que les actions du Mujao font partie d’un plan visant à impliquer directement l’Armée algérienne dans le conflit malien, les autorités algériennes sont, néanmoins, dans l’obligation de temporiser, du moins «officiellement».

Une chose est cependant, sûre, rassurent nos sources: l’Algérie ne répondra pas favorablement aux revendications du Mujao notamment que le gouvernement algérien a été à l’origine de la criminalisation du paiement de la rançon encore moins à se plier aux exigences fallacieuses des réseaux terroristes. Une intervention de l’Algérie au Mali est à écarter pour le moment car, confient encore nos sources, elle servirait de prétexte à certaines parties occidentales influentes au Sahel pour «brouiller» les cartes et créer la confusion tant recherchée par des cercles néocolonialistes.

L’Algérie est beaucoup plus tenue de renforcer sa sécurité interne et à suivre de très près l’évolution du rapport des forces au nord du Mali que de déclencher une opération d’envergure coûteuse politiquement et militairement.

L’urgence se situe plus dans la neutralisation les réseaux dormants créés par le Mujao en Algérie et particulièrement dans le sud du pays et prendre très au sérieux la menace de partition brandie par des parties liées à l’étranger. C’est dire ainsi que le Mujao, présenté comme une excroissance d’Al Qaîda, n’est qu’un instrument monté de toutes pièces dans le but de harceler militairement l’Algérie. Cette réalité, qui n’a pas échappé aux Algériens, les oblige aujourd’hui à réagir sur plusieurs plans: diplomatique, économique et médiatique. Le recours à la force ne constitue pas la solution idoine, estiment nos sources.

D’ailleurs, le Haut Commandement de l’ANP n’a pas manqué d’affirmer à plusieurs reprises son refus d’intervenir au-delà des frontières nationales et cela quelles que soient les circonstances. Dans ce contexte, les autorités algériennes sont en train d’étudier d’autres alternatives, rassurent nos sources, qui reposent sur les liens historiques qu’elles entretiennent avec les différentes factions maliennes afin d’arriver à une solution honorable pour tout le monde. L’enjeu voire l’objectif n’est pas facile à atteindre, mais c’est l’unique moyen pour éviter à l’Algérie de s’enfoncer davantage dans les sables mouvants du désert sahélien comme l’espèrent les parrains du Mujao.