Naturalisation de talents algériens au Qatar : Slatni accuse un ex-responsable à la FAF

Naturalisation de talents algériens au Qatar : Slatni accuse un ex-responsable à la FAF
Mourad Slatni

L’affaire de la naturalisation de jeunes footballeurs algériens au Qatar connaît un nouveau rebondissement. Mourad Slatni, ancien défenseur international et ex-entraîneur de la sélection algérienne U18, vient de jeter un pavé dans la mare. Il pointe du doigt un ancien responsable à la FAF, accusé d’avoir orchestré le départ de plusieurs pépites vers le Golfe.

Le premier scandale avait éclaté en février 2023. Le Paradou AC, réputé pour la qualité de sa formation, avait transféré trois de ses jeunes talents vers des clubs qataris. Omar Mohamed Rafik, Abdelghani Lallam et Fouad Hanfoug avaient quitté Alger en même temps, suscitant une vive polémique.

Des appels à une enquête avaient été lancés, notamment par le journaliste Hafid Derradji de beIN Sports. La direction du Paradou avait démenti toute irrégularité. Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là.

En mars 2026, la fédération qatarie a convoqué 40 joueurs pour intégrer sa sélection nationale. Parmi eux, neuf pépites formées en Algérie ou en France, toutes passées par les jeunes catégories des Verts. Ce programme de naturalisation aurait été piloté par Ahmed Madani.

Grave révélation de Mourad Slatni

C’est sur la chaîne privée One TV que Slatni a pris la parole. L’anncien défenseur international du MCA et du CRB, et ex-sélectionneur national U18, il a cité nommément un certain Kada Hounet. Selon lui, cet individu était membre de l’encadrement des équipes nationales sous les présidences de Kheireddine Zetchi (2017-2021) et de Charaf Eddine Amara (2021-2022). Ce contexte est d’autant plus troublant que ces deux anciens présidents font aujourd’hui l’objet de poursuites judiciaires pour corruption à la FAF.

Slatni affirme que Kada Hounet pratiquait du scouting au profit de clubs étrangers. Il tirait profit de son poste au sein de la FAF pour repérer et orienter de jeunes talents vers le Qatar.

Les révélations de Slatni ne s’arrêtent pas là. Il décrit des méthodes de manipulation directement dirigées contre lui. Des individus tentaient de l’induire en erreur sur l’état de forme et le temps de jeu des joueurs qu’ils souhaitaient placer en équipe nationale.

L’objectif était clair : faire convoquer certains joueurs ciblés pour les exposer aux recruteurs qataris. Slatni affirme avoir résisté à ces pressions. La réaction ne s’est pas fait attendre.

Selon lui, Kada Hounet a alors incité des joueurs à créer des problèmes au sein du groupe U18. Une déstabilisation délibérée, en représailles au refus de l’entraîneur de suivre ses recommandations. Ce type de manipulation interne rappelle d’autres épisodes troubles de l’histoire du football algérien, comme l’affaire Lemouchia révélée par Rabah Saâdane.

La FAF sous Zefizef : un tournant dans l’affaire

Slatni précise que Kada Hounet a quitté l’encadrement des équipes de jeunes de la FAF à l’arrivée de Djahid Zefizef comme président, entre 2022 et 2023. Ce départ coïncide avec la période où le scandale des transferts au Qatar commençait à prendre de l’ampleur.

Cette chronologie soulève des questions sur la durée et l’étendue du réseau mis en place. Combien de joueurs ont pu être orientés vers le Qatar via ces pratiques ? La fédération algérienne de football n’a pas encore réagi officiellement à ces nouvelles accusations.

Pendant ce temps, les neuf joueurs algériens ciblés par Doha, dont Nabil OuennasWassim Keddari et Massil Adjaoudi, restent au cœur d’un bras de fer entre deux nations. Alors que la sélection nationale cherche à se renouveler sous Petkovic, chaque talent perdu au profit d’une autre nation représente une perte irréparable pour le football algérien.