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Musulmans de France : les 7 principes du recteur de la Grande Mosquée de Paris, expliqués

Musulmans de France : les 7 principes du recteur de la Grande Mosquée de Paris, expliqués
Chems-Eddine Hafiz

Liberté de conscience, citoyenneté, égalité entre les femmes et les hommes : le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a publié sept principes à l’intention des musulmans de France. Ce texte intervient dans un contexte de forte hausse des actes antimusulmans. Que disent ces principes, et que prévoit réellement la loi française ?

Que dit le texte du recteur de la Grande Mosquée de Paris ?

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a publié le 7 novembre sept « principes essentiels » à l’intention des musulmans de France. Son message tient en une phrase : « Être musulman en France, c’est être pleinement citoyen français. » Selon lui, pratiquer l’islam en France consiste à vivre librement sa foi, dans le respect des lois et de la laïcité.

Le texte se conclut par plusieurs formules fortes. « On ne demande pas au musulman de choisir entre sa foi et sa patrie », écrit le recteur. Il ajoute que la laïcité « n’est pas l’effacement des religions », mais « la garantie de la liberté de conscience et de l’égalité de tous ».

Voici le texte intégral publié par le recteur sur le réseau social X :

Pourquoi ces principes sont-ils publiés maintenant ?

Ce texte intervient dans un climat tendu pour les musulmans de France. En 2025, le ministère de l’Intérieur a recensé 326 actes antimusulmans, en hausse de 88 % par rapport à 2024, selon son bilan des actes antireligieux 2025. C’est leur plus haut niveau depuis 2015, et les atteintes aux personnes ont augmenté de 151 %.

Ce même bilan montre que la haine antireligieuse touche tous les cultes. Sur 2 489 actes antireligieux recensés en 2025, plus de la moitié visaient des personnes de confession juive. Les actes antimusulmans se poursuivent en 2026, comme ces tags haineux visant une mosquée de Lodève fin octobre.

Le débat sur le port du voile dans l’espace public s’est aussi ravivé ces derniers mois, avec la proposition du Rassemblement national de sanctionner le port du voile dans la rue par une amende. Le recteur s’y était opposé dans une tribune publiée par Le Monde en septembre. Il y affirmait que « les musulmans de France ne sont pas les hôtes de la République », mais « ses citoyens ».

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Liberté de culte et citoyenneté : que garantit la laïcité en France ?

Les deux premiers principes affirment que « ma foi est une liberté » et que « ma citoyenneté est entière ». La loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État garantit en effet la liberté de conscience et le libre exercice des cultes. Les seules limites concernent l’ordre public.

La Constitution française va dans le même sens. Elle définit la France comme une République laïque, qui assure l’égalité de tous devant la loi, sans distinction d’origine ou de religion. Elle précise aussi que la République respecte toutes les croyances.

La laïcité impose la neutralité à l’État et à ses agents, et non aux citoyens. Un fonctionnaire ne peut pas afficher sa religion dans l’exercice de ses fonctions. Un simple citoyen, en revanche, reste libre de pratiquer sa foi dans le respect de la loi.

Que disent les principes sur les lois de la République et l’égalité femmes-hommes ?

Le troisième principe rappelle que « ma religion ne s’impose à personne » : la liberté de conscience vaut pour tous, croyants comme non-croyants. Le quatrième affirme que la loi de la République s’applique à chacun. « Aucune conviction personnelle ne saurait justifier de s’en affranchir », écrit le recteur.

Ce principe rejoint la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, dite loi « séparatisme ». Elle renforce notamment le contrôle des associations cultuelles et sanctionne les pressions exercées sur des agents publics pour des raisons religieuses. Le recteur a déjà souligné la nécessité de veiller à ce que son application respecte l’esprit du texte.

Le cinquième principe porte sur l’égalité entre les femmes et les hommes, présentée comme « un principe fondamental ». Ce sujet revient souvent dans les débats sur l’islam en France. Le recteur y affirme que la dignité, la liberté et les droits de chacun doivent être respectés, sans distinction de sexe ou de croyance.

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Être un bon musulman et un bon citoyen : que veut dire le recteur ?

Le sixième principe présente la différence comme « une richesse, pas une frontière ». Il invite les musulmans à participer à la vie de la cité et à faire vivre la fraternité. Le septième affirme qu’« être un bon musulman, c’est aussi être un bon citoyen ».

Pour le recteur, l’honnêteté, la solidarité, la justice et le respect d’autrui sont au cœur de l’éthique islamique. Ces valeurs rejoignent, selon lui, celles de la République. De nombreux musulmans de France les incarnent au quotidien, comme Massi, ce coiffeur algérien qui coupe gratuitement les cheveux des plus démunis.

Qui est Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris ?

Avocat franco-algérien, Chems-Eddine Hafiz dirige la Grande Mosquée de Paris depuis 2020. Il siège aussi à la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Il a participé à la rédaction de la Charte des principes pour l’islam de France, adoptée en 2021, et l’institution a publié en février un guide de 900 pages pour concilier islam et laïcité.

La Grande Mosquée de Paris célèbre en 2026 son centenaire. Elle a été construite en hommage aux soldats musulmans morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Elle reste l’une des principales institutions de l’islam en France.

L’institution fait aussi l’objet de critiques. Certains députés ont interrogé le gouvernement sur ses prises de position politiques et sur son financement par l’Algérie. Le recteur défend, de son côté, un islam pleinement inscrit dans les valeurs de la République.

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IR

Ilyes Rahmani

Journaliste Diaspora à Algérie360

Basé à Marseille, Ilyes Rahmani couvre la vie des Algériens établis en France pour Algérie360. Il suit de près les titres de séjour, l’accord franco-algérien de 1968, les prestations sociales et les services consulaires. Ses articles partent des questions concrètes que posent les lecteurs.Vous vivez une situation administrative bloquée ? Écrivez-lui à ilyesrahmani@algerie360.com.

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