Mosquées « Ben Saadoun » et « Al Hanafi » de Blida, 2 monuments en attente de classification

Mosquées « Ben Saadoun » et « Al Hanafi » de Blida, 2 monuments en attente de classification

arton100008-0ba9b.jpgLa ville de Blida regorge de monuments à haute valeur historique, dont les mosquées « Ben Saadoune » et « El Hanafi Stambouli », deux hauts lieux de culte de la région, portés actuellement sur la liste des mosquées antiques de la wilaya, en attente d’une classification nationale.

Situées en plein coeur de la ville des roses, dans ses vieilles ruelles exiguës, mitoyennes au marché populaire « Souika », ces deux mosquées continuent, au jour d’aujourd’hui, d’être le point de convergence d’un nombre considérable de fidèles, dont le flux, sans cesse en hausse, n’est plus en mesure d’être contenu par ces espaces de prière disponibles.

Néanmoins, ces deux lieux de culte continuent à remplir leur mission cultuelle et sociale, sachant que la demande de leur classification a été introduite au titre du Plan de préservation et de mise en valeur des secteurs protégés de la vieille ville de Blida, a indiqué à l’APS le directeur de la Culture, M. Ayache Ahmed.

La mosquée Ben Saadoune : un monument érigé au XVIe siècle

La mosquée « Ben Saadoune Ben Mohamed Ben Baba Ali » a été construite vers la fin du 9ème siècle et début du 10ème siècle de l’Hégire (16ème siècle du calendrier grégorien).

Ce lieu de culte porte le nom de son fondateur, dont la légende raconte qu’il avait une femme fort pieuse qui ne lui avait malheureusement pas donné d’enfants.

Un jour, il lui demanda de lui prêter ses bijoux d’argent et d’or, pour lui en faire un cadeau précieux, qui perpétuera ses bienfaits pour l’éternité, lui avait-il promis.

Des années passèrent, quant un jour Ibn Saadoune emmena sa femme, dans un lieu du centre ville de Blida, où il y avait une mosquée et des commerces tout autour, en lui disant, « voici ton cadeau, ça sera pour nous un don dont les bienfaits nous couvriront jusqu’au jour du Jugement dernier ».

Cet édifice, d’une surface de 258 m2, peut contenir jusqu’à 800 fidèles. Sa salle de prière est constituée de quatre allées séparées par cinq rangées de colonnes surmontées de couronnes, identiques à celles de la Kalaa des Beni Hammad et de la mosquée de Constantine. La salle de prière principale est surmontée d’une petite pièce, utilisée comme lieu de prière supplémentaire, tandis que le minaret de la mosquée est de forme quadrilatérale.

Cette mosquée est néanmoins dénuée de motifs décoratifs, exception faite des ornements originaux de la façade externe du minaret, de style mauresque.

Cette absence de motifs décoratifs s’explique essentiellement par l’opération de restauration dont elle a fait l’objet, « sans consultation aucune de spécialistes en la matière », a fait observer la même source.

La mosquée Hanafi Torki : du rite Hanafite au XVIIe siècle au rite Malékite de nos jours

Cette mosquée antique porte le nom de l’Imam « Mustapha Stambouli ». Elle fut construite en 1750 à l’époque Ottomane pour y effectuer la prière selon le rite Hanafite, mais c’est le rite Malékite, fort répandu dans le Maghreb arabe, qui y est pratiqué de nos jours.

L’entrée de cette mosquée est encadrée par deux (2) grandes fenêtres, transformées de nos jours en portes supplémentaires, pour faire face aux flux croissant des fidèles, ayant aussi nécessité l’aménagement d’une salle de prière supplémentaire. La salle de prière principale compte quatre allées divisées par trois rangées de cinq colonnes à couronnes, de style Hammadite.

Le décor est dans le pur style islamique, également caractéristique des mosquées de Ténes, Constantine et Tlemcen.

En guise d’ornementation, le cadre orignal de la porte de cette mosquée a été surmonté de faïence de couleur verte et blanche avec, à l’intérieur, des textes en écriture turque ancienne, datés de 1828, louant la contribution du Dey Hussein Pacha dans la restauration des mosquées de la ville.

Le minaret de la mosquée, de 35 m de long, est de forme octogonale, à l’image de celui de la mosquée Essafir d’Alger. Un jet d’eau en marbre occupe le centre de la salle des ablutions, surmontée d’un escalier menant vers la salle de prière principale, pouvant accueillir 400 fidèles.

Malheureusement, ces deux monuments historiques de la ville de Blida ont subi de nombreuses modifications dans leurs structures originales, notamment suite au séisme de 1825, qui avait ravagé une grande partie de la ville des roses.

« Les actions de restauration entreprises, depuis lors, à leur profit, n’ont pas obéi aux normes requises en la matière », déplore-t-on à l’Agence nationale d’archéologie et de protection des sites et monuments historiques.

La wilaya de Blida compte près de 600 mosquées, dont la plus importante, en termes de capacité d’accueil, est celle d’ »El Kaouther » (6000 fidèles), surplombant la ville des roses, ainsi que la mosquée « Cheikh Mohamed Ben Djelloul », du centre ville.