Mondial 2026 : l’ANIRA met en garde les chaînes TV après des dérapages sur les plateaux sportifs

Mondial 2026 : l’ANIRA met en garde les chaînes TV après des dérapages sur les plateaux sportifs
Mondial 2026 : l’ANIRA

L’ANIRA a haussé le ton. Deux jours après la rencontre entre l’Algérie et l’Argentine dans le cadre du Mondial 2026, le régulateur algérien de l’audiovisuel a publié un communiqué officiel pour dénoncer les dérapages constatés sur plusieurs plateaux sportifs.

Des propos jugés contraires à l’éthique professionnelle, des attaques à caractère personnel et un traitement médiatique bien éloigné du commentaire sportif objectif : l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA) tire la sonnette d’alarme et prévient qu’elle n’hésitera pas à sévir.

La défaite des Verts face à l’Albiceleste (0-3) a visiblement déchaîné les passions sur les antennes algériennes. Selon l’ANIRA, plusieurs interventions diffusées après le coup de sifflet final ont largement débordé du cadre de l’analyse technique.

Ce que le régulateur pointe du doigt, ce ne sont pas des critiques sportives, aussi vives soient-elles. Ce sont des accusations personnelles, des formes de dénigrement et des mises en cause des intentions de certaines parties, le tout diffusé en direct sur des chaînes nationales. Pour l’Autorité, ce glissement du débat footballistique vers l’attaque ad hominem constitue une violation claire des règles encadrant la pratique médiatique en Algérie.

L’instance rappelle que tout traitement des performances de l’équipe nationale doit reposer sur des éléments factuels, une analyse équilibrée et un respect absolu des personnes comme des institutions. L’émotion, aussi compréhensible soit-elle après un tel résultat, ne saurait justifier des propos dépourvus de tout fondement.

Sanctions légales : : l’ANIRA brandit la menace de sanctions

Le communiqué ne se contente pas de constater. Il avertit. L’ANIRA a clairement indiqué qu’elle se réservait le droit d’activer les mesures légales et réglementaires prévues par les textes en vigueur si de tels dépassements venaient à se reproduire.

Cette posture n’est pas nouvelle pour le régulateur. En mars dernier, l’Autorité avait déjà adressé une mise en demeure à Echourouk TV pour excès de publicités, rappelant que les chaînes audiovisuelles algériennes opèrent dans un cadre légal strict dont le non-respect expose à des sanctions financières, voire à des suspensions de programmes. Le message envoyé ce samedi s’inscrit dans la même logique de fermeté.

L’Autorité insiste sur un point précis : les normes professionnelles s’appliquent avec encore plus de rigueur lorsque les sujets abordés touchent aux résultats des sélections nationales ou aux décisions arbitrales. Des thématiques sensibles, capables d’enflammer l’opinion publique, et qui exigent donc un traitement d’autant plus responsable.

Médias sportifs algériens : quel rôle dans les grandes compétitions internationales ?

Au-delà de la mise en garde, l’ANIRA a tenu à rappeler une évidence parfois oubliée dans le feu de l’action : les médias sportifs ont une responsabilité morale envers les athlètes et leurs staffs. Pendant une compétition internationale, un traitement médiatique constructif contribue directement au climat psychologique dans lequel évoluent les joueurs.

À l’inverse, des discours alimentant le doute, la tension ou le découragement peuvent avoir des effets concrets sur la performance sportive. L’Autorité appelle donc les chaînes à incarner les valeurs du fair-play dans leur couverture, et non à les contredire depuis leurs studios.

Ce rappel prend tout son sens dans le contexte actuel. La Fédération Algérienne de Football a déposé une plainte officielle auprès de la FIFA après la rencontre, ciblant notamment le geste de Lionel Messi sur Aïssa Mandi et deux autres incidents arbitraux non sanctionnés. Dans ce climat déjà tendu, les plateaux télévisés auraient pu jouer un rôle d’apaisement. Certains ont visiblement fait le choix inverse.

L’ANIRA : un régulateur de plus en plus actif face aux dérives audiovisuelles

Ce n’est pas la première fois que l’ANIRA intervient publiquement pour recadrer les pratiques des chaînes algériennes. En février dernier, l’instance avait déjà rappelé à l’ordre les télévisions qui diffusaient des campagnes de collecte de dons pendant le Ramadan sans respecter les obligations légales de transparence.

À chaque fois, la même méthode : un communiqué public, un avertissement clair, et la menace de sanctions en cas de persistance.

L’Autorité a conclu son communiqué en appelant l’ensemble des chaînes de télévision et de radio à se conformer scrupuleusement aux règles de déontologie et aux dispositions légales régissant l’audiovisuel en Algérie.

Un appel qui sonne comme un ultimatum, alors que les Verts poursuivent leur parcours au Mondial 2026 et que les débats médiatiques autour de la sélection nationale sont loin d’être terminés. Les prochaines émissions sportives seront, à n’en pas douter, observées de très près.