« La FIFA a bel et bien sanctionné les arbitres vidéo en charge du match Algérie-Argentine au Mondial 2026 », c’est ce qu’a affirmé le journaliste sportif algérien Hafid Derradji dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, où il est revenu en détail sur la réponse apportée par l’instance internationale à la réclamation de la Fédération algérienne de football (FAF).
Mais la révélation la plus frappante de son intervention concerne l’organisation même du dispositif vidéo : pour cette édition de la Coupe du monde, la salle VAR n’est installée dans aucun des stades hôtes. Elle opère depuis un site centralisé à Dallas.
Après examen du dossier transmis par la FAF, l’instance de Zurich a conclu à une erreur de jugement de l’arbitrage vidéo lors de la rencontre face à l’Argentine, perdue 0-3 par les Verts le 16 juin. Des sanctions ont été prononcées à l’encontre des arbitres VAR en charge du match, reconnaissant qu’une faute n’avait pas été correctement traitée.
Au cœur du litige figure le geste de Lionel Messi sur le capitaine algérien Aïssa Mandi. L’arbitre central polonais Szymon Marciniak n’a à aucun moment été invité par la salle VAR à consulter l’écran de bord de terrain, alors même que la situation l’aurait justifié. C’est précisément ce point que la plainte officielle déposée par la FAF auprès de la FIFA avait mis en avant, aux côtés de deux autres actions non sanctionnées impliquant Anis Hadj Moussa et Ibrahim Maza.
Ce qu’Aïssa Mandi aurait confié à ses proches après le match
Derradji rapporte également un témoignage attribué au défenseur algérien, recueilli le lendemain de la rencontre. Selon ce récit, Marciniak se serait approché de Mandi juste après sa chute pour lui signaler que l’action était en cours de vérification vidéo. Une trentaine de secondes plus tard, la salle VAR aurait validé l’absence d’infraction et demandé la reprise du jeu.
Ce détail expliquerait pourquoi Mandi ne serait pas resté allongé à réclamer une révision. Informé en direct par l’arbitre que le contrôle avait déjà eu lieu, il n’avait aucune raison d’insister.
Ce récit, s’il est exact, jette une lumière différente sur les images du match, largement commentées pour le carton rouge non accordé à Messi par de nombreux observateurs internationaux, dont l’ancien arbitre anglais Mark Halsey.
Une salle VAR unique à Dallas pour l’ensemble du Mondial 2026
C’est l’information structurelle la plus significative avancée par le journaliste. Pour cette édition disputée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, la FIFA a fait le choix d’une centralisation totale : une seule salle VAR, implantée à Dallas, traite les images de l’ensemble des matchs du tournoi. Aucun dispositif vidéo autonome n’est déployé dans les stades hôtes, contrairement aux pratiques des éditions précédentes.
Derradji soulève par ailleurs une autre particularité du système. Si l’identité des arbitres de terrain est communiquée publiquement avant chaque rencontre, celle des arbitres affectés à la salle VAR reste confidentielle. Selon son hypothèse, cet anonymat viserait à protéger ces officiels de toute pression extérieure avant le coup d’envoi, préservant ainsi leur neutralité.
Cette architecture soulève des interrogations concrètes sur la rapidité des prises de décision. La distance physique entre Dallas et les stades hôtes, combinée au volume de matchs à traiter simultanément, constitue une variable que le journaliste juge difficile à évaluer avec certitude. Il rappelle que la première journée du tournoi avait déjà été marquée par plusieurs erreurs arbitrales manifestes, sans que cela ne génère un nombre proportionnel de réclamations officielles liées au VAR.
Derradji conclut avec prudence : il reste impossible de déterminer si cette organisation centralisée influe réellement sur la qualité et la rapidité des décisions vidéo. La technologie a pourtant été renforcée pour ce Mondial, avec des caméras supplémentaires déployées dans chaque enceinte.
La polémique arbitrale replacée dans un contexte plus large
La controverse née du match Algérie-Argentine s’inscrit dans un débat qui dépasse largement les Fennecs. Depuis le début du tournoi, la crédibilité du système d’arbitrage vidéo est régulièrement questionnée. Notons que l’Algérie dispose d’un représentant dans le corps arbitral de cette Coupe du monde : l’arbitre international Mustapha Ghorbal, retenu par la FIFA pour officier au Mondial 2026, accompagné de ses assistants Mokrane Gourari et Akram Abbes Zerhouni.
La réponse de la FIFA à la FAF, avec la sanction des arbitres vidéo, constitue une reconnaissance formelle d’un dysfonctionnement. Elle ne modifie pas le résultat du match, ni la position délicate des Verts dans le groupe J. Mais elle valide, au moins partiellement, l’argumentaire porté par la fédération algérienne depuis le 16 juin.
