Cap sur Vancouver. Qualifiés comme meilleur troisième après un match épique face à l’Autriche (3-3), les Fennecs ont décroché leur billet pour les 16es de finale du Mondial 2026. Leur adversaire : la Suisse, première du Groupe B avec sept points. Le rendez-vous est fixé au vendredi 3 juillet au BC Place Stadium. Un duel qui dépasse largement le cadre sportif, puisque Vladimir Petkovic va se retrouver face à la sélection qu’il a façonnée pendant sept ans.
La Suisse, une machine collective rodée depuis une décennie
Classée 19e au ranking FIFA de juin, « La Nati » dispute sa 13e participation en Coupe du monde. Ce chiffre dit beaucoup sur la régularité d’une sélection qui n’a pas raté une grande compétition depuis des années. Ses trois accessions en quarts de finale remontent à 1934, 1938 et 1954, mais la constance moderne est tout aussi impressionnante : quatre phases à élimination directe consécutives en Mondial.
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La qualification pour ce tournoi nord-américain s’est faite sans accroc. Dans un groupe européen comprenant la Suède, la Slovénie et le Kosovo, les Suisses ont compilé quatre victoires et deux nuls en six matchs, inscrivant 14 buts pour seulement deux encaissés. Un bilan défensif qui force le respect et qui résume parfaitement l’identité de cette équipe : solide, organisée, difficile à manœuvrer.
Un parcours en phase de groupes révélateur des forces suisses
Versée dans le Groupe B aux côtés du Canada, du Qatar et de la Bosnie-Herzégovine, la sélection de Murat Yakin a connu un démarrage poussif. Le nul concédé face au Qatar (1-1) lors de la première journée avait surpris. La réaction fut immédiate et sans appel : une victoire autoritaire contre la Bosnie (4-1), puis un succès face au pays hôte canadien (2-1) pour s’adjuger la tête du groupe.
Sept points, sept buts marqués, trois encaissés. Ces chiffres confirment une équipe qui monte en puissance au fil des matchs. L’absence de stars individuelles du calibre de celles qui brillaient sous l’ère Petkovic, Shaqiri ou Lichtsteiner en tête, est compensée par une cohésion collective et une discipline tactique qui rendent toute tentative d’infiltration particulièrement ardue.
Les hommes clés de Yakin : Xhaka, Akanji et les autres
Malgré l’absence de noms clinquants, le groupe suisse regorge de joueurs aguerris aux plus grandes scènes européennes. Granit Xhaka, capitaine et métronome du milieu, évolue à Sunderland avec des rumeurs persistantes d’un transfert vers Chelsea. À ses côtés, Manuel Akanji, défenseur central de Manchester City, incarne la solidité et l’intelligence positionnelle.
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Dans les buts, Gregor Kobel, gardien de Borussia Dortmund, figure parmi les meilleurs portiers du continent. Devant, deux profils complémentaires animent l’attaque : Dan Ndoye, ailier de Nottingham Forest, dont la vitesse et la capacité à éliminer son adversaire direct constituent une menace permanente, et Breel Embolo, avant-centre de Monaco, buteur le plus prolifique du groupe actuel, dont la puissance physique pose des problèmes récurrents aux défenses adverses.
Petkovic, l’homme qui connaît la Suisse mieux que quiconque
C’est ici que réside l’enjeu le plus fascinant de cette confrontation. Avant de prendre les rênes de la sélection algérienne, Petkovic a construit l’essentiel de sa carrière d’entraîneur en Suisse. Young Boys, Sion, Lugano, puis les équipes de deuxième division comme Agno : autant d’étapes qui l’ont imprégné de la culture footballistique helvétique avant qu’il ne prenne en main « La Nati » entre 2014 et 2021.
Son bilan à la tête de la Suisse reste l’un des plus riches de l’histoire récente du sélectionnat. Parmi ses faits d’armes : les 8es de finale du Mondial 2018, un quart de finale à l’Euro 2020 après l’élimination spectaculaire de la France aux tirs au but, et une demi-finale en Ligue des Nations en 2019. Quatre grandes compétitions disputées, quatre fois présent dans les phases finales. Cette connaissance intime des mécanismes suisses, des habitudes d’entraînement aux schémas tactiques privilégiés, représente un avantage analytique considérable pour préparer ce match.
Yakin, de son côté, n’ignore pas que son adversaire du soir connaît chaque rouage de son système. La bataille dans l’ombre, celle des préparations tactiques, s’annonce aussi serrée que le match lui-même.
