Parti de Kabylie, il devient numéro 2 mondial du géant Pfizer : l’incroyable destin de Mohand Sidi Saïd

De vendeur de fruits et légumes sur un marché de Haute Kabylie à numéro 2 du géant pharmaceutique mondial Pfizer, le parcours de Mohand Sidi Saïd a tout d’un roman. C’est à la fin des années 1940 que son histoire prend un tournant décisif : sur les conseils de son cousin instituteur Hachimi Oussedik, l’enfant pousse pour la première fois la porte d’une salle de classe. Un choix déterminant qui transformera une enfance modeste en une ascension professionnelle hors du commun.
Lors du Smala Festival 2026, à l’occasion d’une conférence dédiée au rôle de la diaspora algérienne, Karim Zéribi a mis en lumière le destin hors du commun de Mohand Sidi Saïd. Marqué par une enfance très modeste et la perte de son père à seulement 10 ans, ce dernier a su transformer les épreuves en force : après sa scolarité en Algérie puis ses études aux États-Unis, il a connu une ascension prodigieuse jusqu’à devenir le numéro deux mondial du géant pharmaceutique Pfizer.
🟢 À LIRE AUSSI : Neil Zeghidour : le chercheur d’origine algérienne qui veut remplacer le clavier par la voix
Une ascension fulgurante au cœur de la pharmacie mondiale
Rien ne semblait prédestiner Mohand Sidi Saïd, né en 1939 dans les contreforts du Djurdjura, à devenir vice-président de Pfizer et membre du comité exécutif du géant pharmaceutique américain. Orphelin très tôt et élevé dans l’extrême pauvreté, il doit vendre des fruits et légumes sur les marchés pour subvenir aux besoins de sa famille.
Sa trajectoire bascule à l’âge de dix ans lorsqu’un cousin instituteur, Hachimi Oussedik, l’invite à franchir pour la première fois les portes d’une salle de classe. Comprenant immédiatement que le savoir constitue sa seule issue, il entame un parcours académique exigeant qui le mènera d’Alger à l’Institut d’administration des entreprises d’Aix-en-Provence, puis à Carnegie Mellon University aux États-Unis.
Une lettre de recommandation obtenue lors d’une simple consultation médicale à Alger lui ouvre les portes du géant pharmaceutique Pfizer comme délégué médical. À force de travail et guidé par la conviction que l’apprentissage ne s’arrête jamais, il gravit tous les échelons jusqu’à devenir vice-président et membre du comité exécutif mondial. Il prend ainsi la tête des opérations sur un territoire gigantesque englobant l’Asie, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Amérique latine.
Un leadership guidé par l’humanité
Tout au long de sa carrière, il refuse d’opposer le monde des affaires aux valeurs humaines. En Afrique du Sud, il s’engage pour un accès élargi aux traitements contre le sida ; au Pakistan, il préfère financer un centre de dialyse plutôt que d’atteindre de simples objectifs comptables ; et dans plusieurs pays en développement, il facilite la cession d’usines à des fondations de salariés pour un dollar symbolique.
Toujours actif à 87 ans depuis Aix-en-Provence, l’auteur de Du Djurdjura à Manhattan continue d’écrire et de donner des conférences. Il défend une « médecine à deux prix » où les revenus plus élevés contribuent davantage pour permettre un accès universel aux traitements innovants. Il observe également avec optimisme l’évolution de l’Algérie, plaidant pour le développement des biotechnologies, la création d’un fonds souverain pour la recherche et la modernisation de la santé publique.
Lorsqu’on l’interroge sur son héritage, l’ancien numéro deux de Pfizer ne parle ni de pouvoir ni de fortune, mais de « l’envie » : celle d’apprendre, d’oser et de se rendre utile. Une philosophie d’une grande humilité, héritée de l’enfant du Djurdjura qui n’a jamais oublié ses origines.
🟢 À LIRE AUSSI : Souâd Benkredda, l’Algérienne qui figure parmi les 50 personnalités les plus puissantes d’Allemagne








