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Mohand Bourai à la tête de la BA : ce que les dernières réformes réservent au nouveau gouverneur

Mohand Bourai à la tête de la BA : ce que les dernières réformes réservent au nouveau gouverneur
Après l’installation de Mohand Bourai à la tête de la Banque d’Algérie, plusieurs dossiers déjà engagés arrivent désormais sur son bureau. Découvrez les principaux chantiers qui l’attendent.
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Après l’installation de Mohand Bourai à la tête de la Banque d’Algérie, plusieurs dossiers déjà engagés arrivent désormais sur son bureau. Modernisation des paiements, gestion des réserves de change, stabilité du dinar, financement de l’économie et contrôle des opérations bancaires… les chantiers sont nombreux et reposent pour plusieurs d’entre eux sur des mesures réglementaires déjà adoptées.

Le nouveau gouverneur devra ainsi assurer la continuité des réformes engagées ces derniers mois, tout en veillant à leur application effective par les banques et les établissements financiers. Un travail qui touche directement au fonctionnement du système bancaire, mais aussi à la circulation de l’argent dans l’économie et à la stabilité monétaire.

Mohand Bourai nouveau gouverneur de la Banque d’Algérie : un cadre monétaire déjà fixé par la loi

Une grande partie de la feuille de route est déjà définie par la loi monétaire et bancaire de juin 2023. Le texte fixe les missions de la Banque d’Algérie et lui attribue des prérogatives en matière de politique monétaire, de stabilité financière, de circulation monétaire et de gestion des réserves de change.

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Le gouverneur devra donc composer avec plusieurs impératifs à la fois. Préserver la stabilité des prix, assurer un niveau de liquidité adapté aux besoins de l’économie, encadrer l’activité bancaire et accompagner la modernisation du système financier.

La loi prévoit également l’élaboration d’un rapport annuel consacré aux évolutions économiques, monétaires et financières. Ce document permet notamment de rendre compte de la situation monétaire du pays et des mesures mises en oeuvre par l’institution.

Paiements électroniques en Algérie : le grand chantier bancaire

La réduction de la place du cash constitue l’un des autres chantiers importants. L’enjeu est de développer davantage les moyens de paiement électroniques et d’en faciliter l’utilisation par les particuliers, les entreprises et les commerçants.

Cartes bancaires, paiements en ligne et autres moyens de paiement scripturaux doivent progressivement prendre davantage de place dans les transactions quotidiennes. Le développement du réseau bancaire et l’équipement des commerçants font également partie des conditions nécessaires à cette évolution.

Au-delà de la modernisation des services, le développement des paiements électroniques doit permettre de mieux tracer les flux financiers et de réduire progressivement le recours aux transactions en espèces.

Dinar algérien et réserves de change : deux dossiers sensibles pour la Banque d’Algérie

La gestion des réserves de change constitue un autre enjeu majeur pour la Banque d’Algérie. Ces réserves représentent une protection importante pour les équilibres extérieurs du pays. Et sa capacité à absorber d’éventuels chocs sur les recettes en devises.

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Le taux de change du dinar dépend, lui, de plusieurs paramètres, parmi lesquels l’inflation, les échanges extérieurs, les flux de devises et le niveau des réserves.

La Banque d’Algérie dispose de différents instruments pour agir sur le marché des changes, la liquidité et la masse monétaire. Le défi consiste à préserver la stabilité du dinar tout en maintenant des réserves suffisantes. Et en répondant aux besoins de l’économie.

Crédit bancaire en Algérie : le défi de soutenir l’économie sans relancer l’inflation

Le financement de l’économie constitue également un dossier important pour le nouveau gouverneur.

La politique monétaire permet à la Banque d’Algérie d’agir sur la liquidité disponible dans le système bancaire. Et, plus largement, sur les conditions de financement. Taux directeur, opérations d’open market, facilités de dépôt et de prêt, réserves obligatoires ou encore refinancement font partie des instruments mobilisables.

L’enjeu est de trouver un équilibre entre le soutien au financement de l’activité économique et la maîtrise des pressions inflationnistes. Les banques doivent pouvoir répondre aux besoins de financement des entreprises et des ménages. Tout en maintenant un niveau de prudence compatible avec la stabilité du système financier.

Après la sortie de la liste grise, le KYC passe au premier plan

Sur le front de la conformité, l’Algérie a franchi une étape importante en juin 2026 avec sa sortie de la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée du Groupe d’action financière. Cette décision est intervenue après la mise en oeuvre du plan d’action demandé au pays et une visite d’évaluation réussie.

Cette sortie ne signifie toutefois pas la fin des obligations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Les établissements financiers doivent poursuivre le renforcement de leurs dispositifs de contrôle et de surveillance.

C’est dans cette logique qu’intervient l’instruction 04-2026 du 30 avril, consacrée à la connaissance de la clientèle. Le texte fixe les règles applicables aux banques, aux établissements financiers et aux services financiers d’Algérie Poste. Il prévoit notamment l’identification et la vérification des clients, des personnes agissant pour leur compte ainsi que des bénéficiaires effectifs.

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Les établissements doivent également renforcer leur vigilance face aux opérations inhabituelles et disposer d’une meilleure connaissance de leurs clients. L’application concrète de ces règles fera donc partie des sujets à suivre sous le mandat du nouveau gouverneur.

Des réformes déjà engagées à faire appliquer sur le terrain

Le principal enjeu pour Mohand Bourai ne sera donc pas de partir d’une feuille blanche. Plusieurs transformations sont déjà lancées et disposent désormais d’un cadre légal ou réglementaire.

Le développement des paiements électroniques, la réduction du recours au cash, la gestion des réserves de change, la stabilité monétaire. Et le financement de l’économie constituent les principaux dossiers économiques. À cela s’ajoute le renforcement des dispositifs de conformité, notamment après la sortie de l’Algérie de la liste grise.

Le nouveau gouverneur devra surtout assurer la mise en oeuvre de ces réformes, suivre leur application par les acteurs bancaires et ajuster les instruments monétaires en fonction de l’évolution de l’économie.

LA

Lynda Ait Amedjkane

Journaliste – Nation, société et actualité quotidienne

Lynda Aït Amedjkane est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360. Elle couvre principalement les sujets liés à la nation, à la société et aux faits divers qui rythment l'actualité quotidienne en Algérie.

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