Mohamed Harbi s’éteint à 93 ans : l’Algérie perd l’un de ses grands passeurs de mémoire

Mohamed Harbi s’éteint à 93 ans : l’Algérie perd l’un de ses grands passeurs de mémoire
Décès de Mohamed Harbi

La nouvelle est tombée ce jeudi 1er janvier 2026, annoncée par la télévision nationale. Mohamed Harbi, moudjahid et historien, s’est éteint à l’âge de 93 ans.

Avec sa disparition, c’est bien plus qu’un intellectuel qui s’en va. L’Algérie perd l’une de ces figures rares qui ont traversé l’Histoire en acteurs, avant d’en devenir des analystes exigeants.

Engagé très tôt dans le combat national, présent au cœur des rouages politiques de la guerre de libération, Mohamed Harbi a ensuite consacré sa vie à l’écriture et à la transmission, laissant une œuvre qui continue de nourrir la réflexion historique.

Mohamed Harbi, un acteur central de la guerre de libération nationale, n’est plus

Né le 16 juin 1933 à El Harrouch, près de Skikda, Mohamed Harbi s’engage dès sa jeunesse dans le combat contre le colonialisme. Durant la guerre de libération nationale, il occupe plusieurs postes de responsabilité au sein du Front de libération nationale (FLN), affirmant très tôt son rôle de cadre politique.

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Proche collaborateur de Krim Belkacem, il fait partie des responsables du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). À ce titre, il participe aux premières négociations d’Évian avec la France, un processus déterminant qui ouvrira la voie à l’indépendance. Son parcours le place ainsi au cœur des décisions stratégiques de la Révolution.

De l’engagement politique à l’écriture de l’Histoire

Après l’indépendance, Mohamed Harbi se tourne vers l’enseignement et la recherche. Témoin direct et acteur de la Révolution de 1954, il choisit d’en analyser les ressorts, les lignes de fracture et les trajectoires politiques, avec une rigueur intellectuelle qui marquera durablement le champ historiographique.

Ses ouvrages, devenus des références, interrogent l’histoire du mouvement national et les évolutions du pouvoir en Algérie. Par son travail, Mohamed Harbi contribue à enrichir la compréhension du passé. Tout en assumant une lecture critique qui a souvent suscité débats et controverses.

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Jusqu’à ces dernières semaines, Mohamed Harbi restait présent dans la vie intellectuelle et mémorielle du pays. Selon le Front des forces socialistes (FFS), il devait participer, au cours de ce mois de janvier, à un colloque consacré à l’un de ses compagnons de lutte, Hocine Aït Ahmed.

« Mais le destin en a décidé autrement », a souligné le FFS, évoquant la disparition de celui qui devait encore livrer son témoignage et son regard sur l’histoire politique nationale.

Le président de la République rend hommage à Mohamed Harbi

Dans un message de condoléances, le président de la République a salué le parcours du défunt. Mettant en avant à la fois son engagement révolutionnaire et son apport intellectuel. Dans ce message, le chef de l’État a notamment déclaré :

« C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès du moudjahid et historien, intellectuel engagé, Mohamed Harbi. Par sa disparition, l’Algérie perd un homme d’exception qui s’est engagé très tôt dans la lutte politique contre le colonialisme, avant de rejoindre les rangs de la Révolution en tant que moudjahid et cadre au sein du Gouvernement provisoire de la République algérienne. Après l’indépendance, il s’est consacré à l’écriture et à la recherche, enrichissant la bibliothèque mondiale de plusieurs ouvrages de grande valeur sur l’histoire du mouvement national et de la Révolution de libération. »

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Le président Tebboune a également adressé ses condoléances à la famille du défunt et à la famille révolutionnaire. Priant Dieu Tout-Puissant de lui accorder Sa miséricorde et d’apporter patience et réconfort à ses proches.