Hydrocarbures : Moeve, contrôlé par le fonds émirati Mubadala, cède ses actifs en Algérie

Après plusieurs années de présence dans le secteur algérien des hydrocarbures, le groupe espagnol Moeve (ex-Cepsa) s’apprête à tourner une page. L’entreprise a conclu un accord avec le géant énergétique indonésien Pertamina pour lui céder l’ensemble de ses participations dans trois gisements pétroliers situés dans le bassin de Berkine. Une opération qui marque la dernière étape de son retrait des activités d’exploration et de production de pétrole et de gaz.
Annoncé ce mercredi 4 novembre, l’accord porte sur trois actifs terrestres dans lesquels Moeve détient des participations sans en assurer directement l’exploitation. Leur transfert permettra au groupe espagnol, détenu par Abou Dhabi, de mettre fin à ses activités dans le segment de l’amont pétrolier et gazier, connu sous le nom d’« upstream ».
Moeve cède ses participations dans trois gisements du bassin de Berkine
La transaction concerne les participations de Moeve dans les gisements de Rhourde el Khrouf (RKF), Bir el Msana (BMS) et Ourhoud (ORD), tous situés dans le bassin de Berkine.
Dans son annonce officielle publiée sur son site internet, Moeve précise que la vente passera par deux filiales détenues à 100 %, Cepsa Algérie S.L.U. et Cepsa (Rhourde El Rouni) S.L.U. L’acquéreur sera PT Pertamina Algeria Eksplorasi Produksi (PAEP), une filiale du groupe énergétique indonésien Pertamina.
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Le quotidien économique espagnol Cinco Días, qui a également rapporté l’opération ce mercredi, confirme les modalités de cette transaction et précise que le transfert reste soumis aux conditions habituelles, notamment à l’obtention des autorisations des autorités algériennes compétentes.
Pertamina renforce sa présence dans les hydrocarbures en Algérie
Cette acquisition permettra à Pertamina d’élargir ses participations dans le secteur algérien des hydrocarbures. Sa filiale PAEP relève de Pertamina Internasional EP (PIEP), qui pilote les investissements et les activités du groupe dans l’exploration et la production pétrolières et gazières en Algérie depuis 2014.
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L’entreprise indonésienne entretient également des relations de partenariat avec Sonatrach autour de projets liés à l’exploitation des ressources énergétiques du pays.
Par ailleurs, l’agence Reuters rapporte que Moeve aurait également accepté de céder sa participation minoritaire dans le gisement gazier terrestre de Timimoun. Cette opération ferait toutefois l’objet d’une transaction distincte de l’accord annoncé officiellement ce mercredi.
De Cepsa à Moeve, un retrait progressif de la production d’hydrocarbures
La cession des actifs algériens s’inscrit dans un programme de désinvestissement international engagé par le groupe espagnol en 2023. Moeve a notamment vendu ses actifs de production à Abou Dhabi cette année-là, avant de céder ses participations en Colombie et au Pérou en 2024, puis ses actifs d’exploration au Suriname en 2025, selon l’agence Reuters.
Ce retrait intervient alors que le groupe espagnol entretient des liens capitalistiques avec les Émirats arabes unis. Selon Reuters, le fonds souverain d’Abou Dhabi, Mubadala Investment Company, détient près de 62 % du capital de Moeve, tandis que le fonds américain Carlyle en possède environ 38 %.
Anciennement connue sous le nom de Cepsa, l’entreprise a adopté sa nouvelle identité en 2024 pour accompagner son repositionnement vers des activités à plus faible empreinte carbone.
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Avec la finalisation des transferts en Algérie, Moeve prévoit de quitter entièrement l’exploration et la production pétrolières et gazières. L’agence Europa Press souligne que cette opération fera du groupe la première entreprise pétrolière et gazière intégrée en Europe à se retirer complètement de l’activité « upstream ».
Ce changement accompagne sa stratégie « Positive Motion », lancée pour réorienter progressivement ses investissements vers des activités liées à la transition énergétique. Parmi ses principaux axes de développement figurent l’hydrogène vert, ses dérivés, les biocarburants de deuxième génération et la transformation de ses installations industrielles.
Moeve envisage de nouveaux investissements dans les énergies propres en Algérie
Malgré la vente de ses participations dans les gisements pétroliers, le groupe espagnol n’envisage pas de rompre ses relations économiques avec l’Algérie.
Moeve affirme vouloir continuer à explorer des possibilités d’investissement dans le pays. Notamment dans les énergies renouvelables, l’hydrogène vert et ses dérivés. L’entreprise évoque également de nouvelles pistes de coopération dans les domaines industriel, pétrochimique, chimique et commercial.
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Ces perspectives reposent notamment sur les relations de longue date entre Moeve et Sonatrach. Les deux groupes ont déjà échangé sur les possibilités d’élargir leur coopération au-delà des activités traditionnelles liées aux hydrocarbures.
En avril 2025, l’ancien PDG de Sonatrach, Rachid Hachichi, avait notamment reçu son homologue espagnol, Maarten Wetselaar, pour discuter du renforcement de leur partenariat, avec un intérêt particulier pour les projets liés aux énergies propres.
Ainsi, si Moeve prépare sa sortie de l’exploration et de la production d’hydrocarbures en Algérie, le groupe entend maintenir une présence dans le pays à travers de nouveaux domaines d’activité énergétique.








