C’est une victoire majeure pour la préservation de la mémoire algérienne. Alors qu’il figurait au catalogue d’une vente aux enchères parisienne, le précieux manuscrit « Moufid al-Mouhtaj fi Charh al-Siraj » a été rapatrié avec succès.
L’annonce de ce retour historique a symboliquement marqué l’ouverture du colloque international « Les routes de l’encre en Algérie », avant que l’œuvre ne soit officiellement remise au ministère de la Culture et des Arts.
En cette occasion, la ministre de la Culture et des Arts, en l’occurrence Malika Bendouda, a déclaré : « Le manuscrit est l’une des expressions les plus profondes de la civilisation algérienne et un outil majeur de diplomatie culturelle ».
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L’Algérie récupère un précieux manuscrit juste avant sa vente aux enchères à Paris
Rapatrié et désormais entre les mains du ministère de la Culture et des Arts, le manuscrit « Moufid al-Mouhtaj fi Charh al-Siraj » est un témoin de l’histoire. Ce chef-d’œuvre a été écrit par le savant algérien Sahnoun ibn Othman al-Wansharisi au tout début du XVIIe siècle, notamment entre 1609 et 1610.
Cet ouvrage est en réalité un commentaire d' »As-Siraj fi ‘ilm al-falak », un célèbre traité d’astronomie signé par un autre érudit algérien : Abderrahmane al-Akhdari al-Biskri.
Repéré in extremis alors qu’il s’apprêtait à être mis aux enchères dans une salle des ventes parisienne, le document a fait l’objet d’une intervention rapide. En effet, face à cette situation, les autorités algériennes, via le ministère des Affaires étrangères, ont engagé les démarches requises afin de suspendre la procédure de vente et de sécuriser le document. En revanche, aucune information n’a été communiquée sur l’identité du vendeur.
Un pas de plus vers la restitution du patrimoine algérien
Le rapatriement de ce manuscrit s’inscrit dans une dynamique plus large de récupération du patrimoine national. Récemment exposées à Stains en France lors d’un événement organisé par la « Fédération franco-algérienne du renouveau », des armes de l’Émir Abdelkader ont été rachetées par cette association en vue de leur restitution imminente à l’Algérie, comme l’a précédemment confirmé l’historien Benjamin Stora.
Cette avancée symbolique intervient alors que les travaux de la commission mixte d’historiens algériens et français, installée en 2022 et co-présidée par Benjamin Stora, sont au point mort. Les activités de ce groupe de travail ont en effet été brutalement interrompues par les vives tensions diplomatiques survenues entre Alger et Paris en juillet 2024, gelant ainsi les canaux officiels de discussion.
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