Minurso non renouvelée : la position de l’Algérie sur le projet de résolution, en 4 points

Le mandat de la Minurso, la mission de l’ONU au Sahara occidental, n’a pas été renouvelé. Le gouvernement algérien a exprimé samedi 31 octobre son « profond regret » et détaillé ses critiques du projet de résolution soumis au Conseil de sécurité. Voici sa position, en quatre points, et ce que prévoyait la résolution précédente.
Minurso : l’Algérie regrette le non-renouvellement du mandat
Le gouvernement algérien a regretté « profondément », samedi 31 octobre, le non-renouvellement du mandat de la Minurso. Cette mission des Nations unies porte le nom de Mission pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Son mandat arrivait à échéance à la fin du mois d’octobre.
Selon Alger, la responsabilité de cette issue revient au projet de résolution soumis au Conseil de sécurité. Le gouvernement rappelle aussi que le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, avait adressé des lettres officielles aux membres du Conseil avant le vote. Il voulait les alerter sur les « conséquences particulièrement graves » de l’évolution du dossier.
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Résolution 2797 : ce que l’ONU avait décidé sur le Sahara occidental en 2025
La position algérienne s’éclaire à la lumière de la résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025. Ce texte prorogeait d’un an le mandat de la Minurso, jusqu’au 31 octobre 2026. Il avait recueilli 11 voix pour, avec les abstentions de la Chine, de la Russie et du Pakistan.
La résolution visait une solution politique « juste, durable et mutuellement acceptable » qui assure l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Elle considérait aussi qu’une autonomie véritable pourrait représenter « une solution des plus réalistes ». Le texte encourageait par ailleurs les parties à faire part de leurs propres idées.
L’Algérie, alors membre non permanent du Conseil de sécurité, n’avait pas pris part au vote. Son représentant permanent à l’ONU, Amar Bendjama, avait jugé le texte « en deçà des aspirations légitimes du peuple sahraoui ». C’est pourtant à cette résolution que le gouvernement algérien se réfère aujourd’hui, face au nouveau projet.
Point 1 : un projet de résolution jugé partial
Le premier reproche porte sur l’équilibre du texte. Pour le gouvernement algérien, « l’excessive partialité du projet de résolution » a rendu le non-renouvellement « inéluctable ». Le projet penchait, selon lui, en faveur du Maroc, au détriment du Front Polisario.
Dans ses lettres aux membres du Conseil, le ministre avait mis en garde contre une résolution qui tendrait à consacrer « un fait accompli territorial ». Alger y voyait le risque de légitimer une situation d’occupation. Le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination en aurait fait les frais, selon cette analyse.
Point 2 : le plan d’autonomie comme « unique base de négociation »
Le deuxième point concerne le cadre des négociations. Selon Alger, la version finale du texte retenait le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme « unique base de négociation ». Le gouvernement algérien reconnaît que des amendements ont été introduits, mais les juge insuffisants.
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Cette approche, estime-t-il, « vidait le droit à l’autodétermination de sa substance ». Elle restreignait aussi les options ouvertes aux deux parties et préjugeait de l’issue du processus politique. Pour Alger, le règlement du conflit doit permettre au peuple sahraoui d’exercer librement son droit à l’autodétermination.
Point 3 : la suppression du « R » de Minurso
Le troisième point porte sur le nom même de la mission. Le projet supprimait la lettre « R », qui correspond au mot « référendum », dans l’acronyme Minurso. Le gouvernement algérien y voit « un signal politique préoccupant ».
Selon Alger, cette suppression écartait d’emblée l’option référendaire. Or cette option reste, rappelle-t-il, historiquement associée au mandat de la mission. Elle constitue aussi, à ses yeux, l’instrument de l’exercice du droit à l’autodétermination.
Point 4 : le Front Polisario et la nature du conflit
Le dernier point concerne la place du Front Polisario et la nature du dossier. Selon Alger, le projet privait le Polisario de la possibilité de soumettre ses propres idées aux négociations. La résolution 2797 encourageait au contraire les parties à faire part de leurs propositions.
Le texte préparait aussi, selon le gouvernement algérien, une transformation progressive du conflit en « problématique essentiellement humanitaire ». Alger rappelle que le dossier relève de la décolonisation. Dans ce cadre, une solution durable reste, à ses yeux, indissociable du droit à l’autodétermination.
Sahara occidental : l’Algérie réaffirme son attachement à l’autodétermination
En conclusion, le gouvernement algérien estime que le projet ne pouvait pas servir de cadre à des négociations productives. Il ne pouvait pas non plus, selon lui, servir l’objectif de sécurité et de stabilité dans la région. Alger lui reproche d’avoir dénaturé un processus de décolonisation.
L’Algérie réitère son attachement à une solution politique « juste, durable et mutuellement acceptable ». Cette solution doit garantir au peuple sahraoui l’exercice de son droit à l’autodétermination. Elle doit aussi respecter la Charte des Nations unies et les résolutions pertinentes de l’ONU.
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