Toulouse : un Algérien de 17 ans meurt après une course-poursuite avec la police, deux enquêtes ouvertes

Tragédie à Toulouse : une course-poursuite vire au drame. Un mineur isolé, d’origine algérienne, de 17 ans est décédé vendredi soir vers 19 heures, peu après son admission à l’hôpital à la suite d’un refus d’obtempérer face à la police. Alors que le jeune homme avait pourtant été pris en charge conscient par les secours, deux enquêtes distinctes ont été immédiatement ouvertes pour faire toute la lumière sur ce drame.
Deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes à Toulouse après la mort d’un jeune homme lors d’une course-poursuite avec la police. Selon le procureur de la République, cité par l’AFP, les investigations portent à la fois sur le refus d’obtempérer et sur la recherche des causes du décès survenu en fin de semaine dernière.
Le jeune conducteur du scooter, âgé de 17 ans, a succombé à ses blessures vendredi soir à l’hôpital. Il avait été grièvement touché lors d’une course-poursuite avec plusieurs équipages de la police dans la nuit de jeudi à vendredi, comme l’a confirmé le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz.
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Deux enquêtes ouvertes
Le parquet de Toulouse a ouvert deux procédures judiciaires distinctes, confiées à la division de la criminalité territoriale (DCT). Selon le magistrat, la première vise à déterminer les causes exactes du décès. La seconde concerne le refus d’obtempérer, aggravé par la mise en danger d’autrui et des violences volontaires commises sur les forces de l’ordre.
Identifié sous le prénom d’Anis, le jeune homme était un mineur étranger non accompagné et inconnu des services de justice, d’après le procureur. Si la majorité de sa famille réside en Algérie, l’adolescent avait des oncles et tantes en France, a indiqué leur avocat, Joris Morer.
Dans l’attente des conclusions de l’autopsie prévue en début de semaine, la famille de la victime envisage de porter plainte afin de faire toute la lumière sur le drame. Son avocat, Morer, précise toutefois que les proches n’ont pas encore pu avoir accès au dossier judiciaire.
Poursuivi par des agents de la BAC
Alors qu’elle pensait le jeune homme en garde à vue — s’attendant à sa libération ou à une présentation devant la justice —, la famille est restée près de 24 heures sans nouvelles. C’est finalement par un simple appel téléphonique qu’un policier leur a appris le décès d’Anis, survenu la veille. Aujourd’hui, les proches exigent toute la vérité sur les circonstances exactes de cette disparition.
D’après une source policière, les faits se sont déroulés vendredi vers 1 heure du matin dans le quartier des Arènes. Les agents — vraisemblablement de la brigade anti-criminalité (BAC) d’après Morer — auraient repéré une transaction suspectée de concerner des stupéfiants entre un automobiliste et le scootériste. Selon le procureur, la vidéosurveillance confirme que le deux-roues a immédiatement pris la fuite, enchaînant les infractions graves : feux rouges grillés, sens interdits, et passages sur les trottoirs et zones piétonnes malgré la présence de passants.
La fuite s’est terminée par un accident vers 1h30 du matin. Selon les procès-verbaux cités par la même source, le jeune homme aurait forcé le passage en manquant de percuter un policier, avant de heurter les ailes de deux véhicules de patrouille. Portant un casque, le conducteur a été victime d’un traumatisme thoracique lors de la collision.
Pris en charge conscient par les secours et se plaignant de douleurs, son pronostic vital n’était pas engagé à son arrivée au CHU Purpan. Toutefois, son état s’est brusquement dégradé au cours de la nuit, entraînant son décès vendredi soir. Le procureur David Charmatz a par ailleurs indiqué qu’une somme de plus de 1 000 euros en liquide avait été retrouvée dans sa sacoche.
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