Métaux critiques : l’Algérie est-elle au cœur du nouveau jeu géoéconomique africain ?

Métaux critiques : l’Algérie est-elle au cœur du nouveau jeu géoéconomique africain ?
Métaux critiques en Algérie

Alors que les exportations de minerais africains connaissent une croissance fulgurante, l’Algérie consolide sa position parmi les acteurs clés du continent. Porté par une demande mondiale sans précédent pour les métaux critiques, le secteur minier s’impose désormais comme un pilier stratégique de la croissance économique algérienne et continentale.

En effet, l’Algérie renforce son influence sur l’échiquier minier africain. Profitant de l’accélération du secteur et de l’augmentation des revenus liés aux métaux essentiels — tels que le lithium, le cuivre et le cobalt — le pays s’inscrit pleinement dans la course régionale et internationale pour la valorisation des richesses du sous-sol africain.

Le jackpot minier : 2 000 milliards de dollars à portée de main pour l’Afrique

Selon les estimations du Forum Économique Mondial, relayées par la plateforme Attaqa, les exportations minières africaines pourraient générer jusqu’à 2 000 milliards de dollars de revenus au cours des 25 prochaines années. Ce chiffre vertigineux illustre le potentiel immense d’un continent qui détient environ 30 % des réserves mondiales de minerais critiques.

En 2024, l’Algérie, aux côtés de ses voisins maghrébins (Libye, Tunisie, Maroc), a enregistré des exportations minières oscillant entre 1 et 5 milliards de dollars. D’autres nations arabes, à l’instar de l’Égypte et du Soudan, affichent également des performances notables dans ce domaine.

Du brut à la valeur ajoutée : le défi crucial de la transformation locale

Malgré ces indicateurs au vert, un obstacle majeur subsiste : la majorité des minerais sont encore exportés à l’état brut. Cette absence de transformation locale limite considérablement la valeur ajoutée et freine la création d’emplois.

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Pour contrer cette tendance, des pays comme le Zimbabwe, la Tanzanie et le Ghana ont déjà pris des mesures radicales, allant jusqu’à l’interdiction d’exporter certains minerais bruts, comme le lithium, afin d’encourager l’émergence d’industries de transformation nationales.

Qui sont les géants qui tirent la croissance ?

Le paysage minier africain reste dominé par des poids lourds historiques :

  • L’Afrique du Sud, leader mondial du chrome et des métaux du groupe du platine.
  • La République démocratique du Congo (RDC), premier producteur de cobalt et acteur majeur du cuivre.
  • La Zambie, qui maintient sa position de deuxième producteur mondial de cuivre.

En 2025, la tendance s’est accentuée. Le Ghana a vu ses exportations d’or atteindre 8 milliards de dollars sur les dix premiers mois de l’année, tandis que le Zimbabwe a vu ses revenus miniers grimper à 1,39 milliard de dollars sur la même période.

Cap sur 2050 : comment les métaux critiques algériens vont propulser l’énergie verte

Avec une demande mondiale de minerais critiques qui devrait quadrupler d’ici 2040, l’Algérie et ses pairs africains se trouvent à l’aube d’une « opportunité dorée ». Le développement des technologies vertes — véhicules électriques, panneaux solaires, éoliennes — place les ressources africaines (nickel, graphite, terres rares) au centre de la transition énergétique mondiale.

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Pour l’Algérie, l’enjeu des prochaines années sera de transformer ce boom des exportations en un véritable levier industriel. L’investissement dans le traitement local des minerais est la condition sine qua non pour passer du statut de simple exportateur à celui de hub de l’industrie verte, renforçant ainsi sa souveraineté économique sur la scène internationale.