Au terme du procès concernant le meurtre de Meriem Boundaoui, cette adolescente algérienne de 15 ans tuée à Montréal en février 2021, le verdict est tombé. Salim Touaibi a été reconnu coupable de meurtre au premier degré, tandis que son coaccusé, Aymane Bouadi, a été totalement acquitté des charges qui pesaient contre lui.
Outre sa condamnation pour meurtre au premier degré, Salim Touaibi a été déclaré coupable de quatre tentatives de meurtre. Cette sentence entraîne automatiquement une peine d’emprisonnement à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 25 ans.
Le juge Yvan Poulin devra encore statuer sur les peines relatives aux tentatives de meurtre après avoir entendu les deux parties. Lors de l’audience prévue le jeudi 2 avril, les proches de la victime pourront livrer leur témoignage.
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Le verdict tombe dans l’affaire de Meriem Boundaoui
Le jury a établi que Salim Touaibi avait planifié son geste lorsqu’il a conduit jusqu’à une boulangerie de Saint-Léonard en février 2021. Si Aymane Bouadi était présent dans le véhicule, Touaibi a lui-même reconnu à la barre être l’auteur des coups de feu, confirmant ainsi son intention homicide.
D’après sa déposition, il s’est rendu sur place en compagnie d’Aymane Bouadi pour jouer les médiateurs dans un conflit opposant deux commerçants du secteur, dont le différend portait sur des espaces de stationnement. L’accusé a justifié son geste par la crainte qu’aurait inspirée la présence d’un groupe de jeunes près d’une voiture. « J’ai dit : « Attention! », j’ai sorti l’arme, enlevé le cran de sûreté et j’ai tiré « , a-t-il déclaré à la barre. Selon sa version, il aurait vidé son chargeur par la fenêtre du passager en l’espace de seulement deux secondes.
De son côté, le ministère public a soutenu que l’accusé a agi avec préméditation. Son objectif était de s’en prendre aux frères Rekik, rivaux des Bensalem, une famille proche de Touaibi. Dans cet affrontement, la jeune Meriem Boundaoui a été la victime innocente d’une balle perdue, se trouvant tragiquement au mauvais endroit. À l’issue de l’audience, l’avocat de la défense, Marc Labelle, a souligné une apparente contradiction entre les deux verdicts rendus.
Le deuxième suspect acquitté
L’avocat d’Aymane Bouadi, le deuxième suspect, Martin Latour, a décrit un homme profondément soulagé, affirmant qu’aucun mot ne pouvait traduire son état actuel. À peine trente minutes après avoir été blanchi, l’homme de 30 ans était déjà en chemin pour rejoindre les siens.
Malgré les larmes d’Aymane Bouadi qui, à la barre, jurait que cette situation lui semblait « impossible », la poursuite a tenté de démontrer sa culpabilité. Elle s’appuyait notamment sur une balle logée dans une portière pour suggérer qu’il avait lui-même fait feu.
Cependant, le jury a estimé que les preuves étaient insuffisantes pour condamner l’homme de 30 ans. On ignore encore si la poursuite décidera de faire appel de cette décision de l’acquitter.
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