Menaceur (Tipasa): Où en est la production du fromage de lait de chèvre ?

mardi 14 août 2018 à 16:01
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Les productions mellifère et de l’arboriculture rustique dans les zones montagneuses de la wilaya de Tipasa occupent plus de 67% de la surface totale, cela d’une part ; d’autre part et s’agissant des besoins en lait et produits laitiers, ils sont également considérables, sachant que la consommation moyenne qui est de 110 litres de lait par habitant et par an en Algérie est estimée à 120 litres en 2016.

Il convient de préciser à ce titre que l’Algérie est le plus important consommateur de lait au sein du Maghreb et que la production nationale étant limitée à 2,2 milliards de litres, c’est donc près d’un milliard de litres de lait qui est ainsi importé chaque année, majoritairement sous forme de poudre de lait. Les produits laitiers représentent ainsi le second produit dans les importations annuelles de produits agroalimentaires de l’Algérie.
C’est à la lumière de ces informations qu’une des régions montagneuses de la wilaya de Tipasa, en l’occurrence le douar de Sidi Salah perché sur le pic montagneux du djebel Tidhaf, situé à 4 kilomètres au nord-ouest de la ville de Menaceur et à 25 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Tipasa, a attiré l’attention des autorités locales, en vue d’impulser le développement d’une activité laitière rurale spécifique, sachant que ce douar de Sidi Salah est un village agricole qui s’enfonce profondément dans la montagne boisée du djebel de Tidhaf.
C’est au sein de ce douar et au début de 2014 que le Conseil général de l’Hérault (France) et la commune de Menaceur ont choisi de mettre en place un module d’élevage caprin et une unité coopérative pilote de production de fromage fermier de chèvres, en vue de la valorisation des ressources agricoles et le développement des territoires ruraux.
Dans ce cadre et parmi la délégation du Conseil général de l’Hérault (France), se trouvaient les initiateurs français du projet  venus  pour la signature d’une convention de coopération de ce projet d’élevage caprin, financé par le ministère des Affaires étrangères français, le Conseil général de l’Hérault et l’APC de Menaceur à Tipasa.
Le projet d’un coût total qui avoisine 65 000 euros, dont 27 500 euros provenant de la partie algérienne et 37 500 euros cofinancés par la partie française, consiste en «la création d’un PPDRI portant installation d’un module d’élevage caprin de race améliorée et la création d’une coopérative artisanale de fabrication de fromage de chèvre fermier».
Le budget alloué à ce projet permettait l’achat auprès d’une coopérative française de 15 chèvres suisses et de 2 boucs andalous, ainsi que l’achat du matériel d’élevage nécessaire à la chèvrerie.
La première famille bénéficiaire de ce projet réside à Sidi Salah sur les contreforts de Menaceur et, comme stipulé dans le projet, «se trouve être dédiée aux ménages sans revenu stable, n’ayant pas  d’activité pérenne, et en outre constituée par une femme rurale, chef de ménage». Dans cette convention, il a été précisé que «ce type d’unités pilotes censé être adossé  à une formation continue, est prévu bénéficier de conseils et d’un encadrement technique au profit des bénéficiaires et permettrait d’acquérir le savoir-faire nécessaire à la bonne conduite et à la bonne gestion du troupeau, en insistant particulièrement sur la mobilisation des outils et des moyens en vue de favoriser un véritable échange de savoir-faire».
Le maire de Menaceur qui fut, lors des derniers mandats électifs, à l’origine de la signature de ce contrat et de cette initiative, avait révélé que l’une de ces unités pilotes sise à Sidi Salah fabriquera, outre du fromage de chèvre, du lait et du l’ben de chèvre en révélant à ce sujet que «plusieurs autres projets similaires de coopération devront être lancés dans le cadre du renouveau rural, notamment dans la production de miels.»
Quant à Mme Sandra B., chargée de mission  auprès du Conseil général de l’Hérault (France), elle a évoqué dans ce cadre et lors de son allocution, les grands axes de cette coopération, notamment ceux précisés par le contenu de la convention, et qui portent sur «la diversification des activités économiques d’une région rurale, par la fabrication d’un nouveau produit artisanal et la valorisation des ressources locales et les produits du terroir et, enfin, initier la femme rurale à l’esprit d’entreprise, mais essentiellement favoriser les échanges entre sociétés civiles et institutions mettant en évidence l’implication des partenaires locaux».
Nonobstant cette alléchante situation au profit de l’agriculture et des femmes rurales algériennes à faible revenu prévue être opérationnelle incessamment, force est pourtant de constater aujourd’hui que la production de ces produits laitiers au douar de Sidi Salah à Menaceur tarde à venir.
Houari Larbi

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