Quatre mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le frère du militant d’origine algérienne Amine Kessaci, la police judiciaire française a mené un vaste coup de filet ce lundi matin. Dix suspects, soupçonnés de former le commando responsable de ce « crime d’avertissement », ont été interpellés entre Marseille et l’Hérault et placés en garde à vue.
Le meurtre de ce jeune homme de 20 ans, frère du militant Amine Kessaci, avait profondément marqué les esprits. Abattu dans sa voiture par des tueurs à moto alors qu’il attendait devant une pharmacie du 4e arrondissement de Marseille, son exécution avait été perçue comme un acte d’intimidation brutal. Quatre mois plus tard, l’enquête franchit une étape clé avec ces interpellations.
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Gros coup de filet à Marseille et dans l’Hélraud
Initialement traitée par le parquet de Marseille, cette enquête particulièrement sensible a été reprise par le nouveau Parquet national anticriminalité organisée (PNACO). Ce dernier a confirmé que l’opération de police s’est déployée simultanément dans l’Hérault et la région marseillaise.
Le commando interpellé lundi ne compterait pas le tueur de Mehdi Kessaci dans ses rangs, d’après les informations recueillies. Toutefois, le travail conjoint de la brigade criminelle des Bouches-du-Rhône et de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) semble confirmer une piste solide : celle de commanditaires influents liés au trafic de drogue marseillais.
La DZ Mafia pointée du doigt
Amine Oualane, dit « Mamine Escobar », est soupçonné d’avoir orchestré l’assassinat de Mehdi Kessaci depuis sa cellule. Considéré comme le chef opérationnel de la DZ Mafia, cet individu de 31 ans est réputé pour sa capacité à ordonner des exécutions malgré son incarcération. Jugé extrêmement dangereux, il a été transféré en novembre dernier vers la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe afin de limiter son influence criminelle.
Le meurtre de Mehdi Kessaci, abattu en plein jour alors qu’il préparait le concours de gardien de la paix, est qualifié par les autorités de « crime d’avertissement ». L’objectif des donneurs d’ordre était de viser directement son frère, le militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, dont l’activisme gênait les réseaux. Ce dernier avait d’ailleurs été alerté par la police dès l’été précédent d’un projet d’assassinat le visant personnellement.
L’acharnement contre la famille Kessaci s’inscrirait dans une logique de vengeance ancrée dans le passé. Amine O. est en effet mis en examen pour un triple meurtre sauvage commis en 2020, dont l’une des victimes était Brahim Chabane, le demi-frère d’Amine Kessaci. Ce nouveau contrat contre Mehdi marquerait une escalade terrifiante dans la stratégie de la DZ Mafia, cherchant à s’imposer par une violence de type mafieux.
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