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420 millions € et 6 700 emplois : le méga-projet agricole de Timimoun monte en puissance

420 millions € et 6 700 emplois : le méga-projet agricole de Timimoun monte en puissance
Mégaprojet agricole à Timimoun
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Le méga-projet agricole algéro-italien de Timimoun s’apprête à franchir une nouvelle étape décisive. Porté par un investissement global de 420 millions d’euros, il s’appuie sur une superficie totale de 36 000 hectares — dont 24 000 hectares dédiés à la production effective — et prévoit la création de 6 700 postes de travail.

Alors que la première campagne de récolte s’est achevée en mai dernier, le projet s’oriente vers sa deuxième saison agricole dès ce mois d’octobre 2026.

Selon les déclarations de Bruno Santorielli, directeur général de « BF El Djazair », à l’agence de presse italienne Nova, le projet progresse en stricte conformité avec son calendrier d’exécution.

Dès ce mois d’octobre, une nouvelle campagne de labours et de semailles de blé sera lancée au cœur du périmètre agricole implanté dans le désert de Timimoun.

Un partenariat stratégique et intégré

Initié en 2024, ce projet est le fruit d’une coentreprise réunissant le géant agro-industriel italien « BF » (détenant 51 % des parts) et le Fonds national d’investissement (FNI) algérien (49 %). Cette initiative s’inscrit pleinement dans le cadre des projets structurants liés au plan italien « Mattei ».

Le plan de culture ne se limite pas au blé dur ; il intègre également la production de pois chiches, de lentilles, de haricots secs et de maïs, tout en prévoyant le déploiement d’une chaîne complète englobant l’irrigation, le stockage et la transformation agroalimentaire.

M. Santorielli a souligné que la partie algérienne a d’ores et déjà mis à disposition sa quote-part du capital, ainsi que les terres et les ressources hydriques nécessaires.

Si quelques procédures administratives demeurent en cours de finalisation, elles s’inscrivent dans le traitement habituel pour un investissement de cette envergure, tandis que les volets techniques et agricoles avancent à un rythme soutenu.

Une première phase encourageante et des rendements ciblés à 60 quintaux

Ce nouveau départ intervient à peine quatre mois après le premier test productif d’envergure. Selon l’Agence de presse algérienne (APS), la toute première opération de récolte de blé sur 1,600 hectares avait été lancée le 14 mai 2026, bouclant ainsi un premier cycle pilote concluant.

Pour cette nouvelle campagne, les responsables visent un rendement de 60 quintaux par hectare, capitalisant sur les données techniques engrangées lors de la première phase.

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Parallèlement, d’importants travaux d’infrastructure ont été menés à bien, notamment par l’entreprise publique Cosider, qui s’est chargée de la construction de la base de vie, des équipements opérationnels et du pavage du réseau routier interne de l’exploitation, en plus de l’installation des systèmes d’irrigation.

La maîtrise de l’eau et des défis environnementaux au cœur du dispositif

Dans cet environnement saharien, la gestion des ressources en or bleu constitue le pilier du programme d’investissement.

L’exploitation des 24 000 hectares nécessite le raccordement des puits à des réseaux de distribution modernes, l’équipement des parcelles en systèmes de pivot d’irrigation, ainsi qu’une surveillance continue de la consommation hydrique.

À ce titre, le projet intègre des outils de précision, des cartographies numériques et un suivi de la santé végétale afin d’optimiser le ratio « goutte d’eau / rendement ».

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Les données publiées en juin dernier faisaient état de préparatifs pour l’installation de 150 pivots d’irrigation — couvrant chacun environ 40 hectares pour desservir plus de 6 000 hectares —, adossés à un programme visant à creuser jusqu’à 75 puits.

Pour parer aux risques inhérents aux grandes cultures en zone aride (érosion éolienne et ensablement), le design agricole intègre également l’installation de brise-vent. Ces mesures visent à stabiliser les sols, à protéger les réseaux d’irrigation et à réduire les coûts de maintenance.

Plus de 170 000 tonnes de blé et une vision industrielle

Dès 2024, l’accord-cadre signé avec le ministère de l’Agriculture visait une production annuelle de 170 000 tonnes de blé, épaulée par 7 100 tonnes de lentilles, 14 000 tonnes de haricots et 11 000 tonnes de pois chiches.

Soit un total de plus de 202 000 tonnes annuelles de céréales et de légumineuses, hors maïs. Mais l’ambition dépasse la simple production brute.

Le modèle économique mise sur un écosystème intégré reliant directement le champ au consommateur, grâce à des silos de stockage, des plateformes logistiques et des unités de transformation, telles que des usines de pâtes.

Cette stratégie sécurise la valeur ajoutée en Algérie, réduit les pertes post-récolte et stimule la sous-traitance locale (maintenance, transport, laboratoires).

Côté emploi, le projet générera 6 700 postes, dont plus de 1 500 directs, le reste irriguant la logistique et l’industrie. À terme, les porteurs du projet ambitionnent de muer cette initiative en un véritable pôle de développement régional, capable d’attirer tout l’écosystème agroalimentaire dans le grand Sud.

AA

Amina Aouadi

Journaliste – Analyse, économie et société

Amina Aouadi est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les analyses de l'actualité économique et les grands sujets de société.

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