Médicament: L’éternel problème de rupture des stocks

Par Yazid Alilat.
Bon an mal an, l’Algérie importe annuellement pour près de quatre milliards de dollars de médicaments, mais sur le terrain, cela ne le paraît pas, avec beaucoup de manque de médicaments et de ruptures de stock. Certes, »cette cellule de veille existe, mais n’est pas suffisamment réunie», estime-t-il. En outre le président du Conseil de l’ordre des pharmaciens estime que c’est plus »un problème de moyens, de ressources humaines, qu’un problème de réglementation : il faut que l’Etat régule mieux, avec un tableau de bord pour connaître en temps réel les stocks du pays. Il est fondamental que ce tableau de bord soit constitué», insiste t-il. En fait, le Dr Lotfi Benbahmed explique que »l’essentiel est de réguler la demande et la production, car il y a la transition épidémiologique qui fait que les besoins changent, comme la prise en charge du cancer, qui revient très cher, et donc il y a des arbitrages à faire, et plus de concertation».
Sur les raisons du limogeage du directeur général du médicament et des équipements au ministère de la Santé, il a estimé qu»’il y a un certain nombre de produits en rupture et sur lesquels il faut répondre. Il faut appliquer en outre les trois mois de stock, et il n’y aura plus de vente concomitante ou de spéculation». Selon lui, il y a des »antibiotiques qui manquent, des médicaments de psychiatrie, de gynécologie, et la semaine d’après d’autres produits tombent également en rupture comme la Ventoline ou la vitamine D. Il n’y a pas de visibilité sur les disponibilités dont sont victimes les pharmaciens d’officines par des ventes concomitantes», souligne-t-il. Tous les problèmes d’approvisionnement en médicaments et les récurrentes ruptures de médicaments sont dus au non-fonctionnement de l’agence du médicament, pourtant instituée en 2008, et qui «pourrait, selon lui, répondre à ce type de problèmes avec plus de moyens, de régulation, une stabilité des cadres, un déroulement de carrière». «Nous avons besoin d’une agence du médicament, mais il ne faut pas la doter de lois mais de moyens, car elle n’a pas de moyens pour le moment». Mais, »aujourd’hui, avant de mettre en place les moyens de régulation des médicaments, il faut juste appliquer la réglementation, c’est-à-dire avoir des stocks qui assurent la disponibilité des produits pharmaceutiques», affirme le Dr Benbahmed.








