Dialogue de sourds entre les médecins résidents et le ministre de la Santé, Djamel Ould Abbès. Les deux parties ne sont plus sur la même longueur d’onde.
Elles ne s’entendent plus. Alors que le ministre de la Santé insiste sur le caractère illégal de la grève entamée depuis le 28 mars dernier, les médecins résidents campent sur leurs positions, qui consistent en la poursuite de la grève.
De la vraie guéguerre, dans la mesure où toutes les cartes du dialogue ont été épuisées. L’échec précoce des négociations entamées avec le ministère de la Santé a poussé les blouses blanches à radicaliser leur mouvement de protestation. Et c’est le service civil qui fait l’objet de discorde entre la tutelle et les médecins résidents.
Dans ce sillage, le ministre de la Santé avait souligné, jeudi dernier, que l’annulation du service civil que revendiquent les médecins résidents ne relevait pas de ses prérogatives. Le ministère de la Santé a également rejeté la suppression du service militaire, affirmant que ce devoir est consacré par la Constitution dans son article 6. Les médecins résidents ne l’entendent plus de cette oreille et insistent sur la légitimité de leurs revendications. Les médecins résidents s’étaient retirés, justement, des commissions en raison du «refus» de leur revendication phare, à savoir la suppression du service civil. Faute d’un dialogue fructueux, le ministre actionne la machine judiciaire pour déclarer «l’illégalité» de la grève.
A cet effet, Ould Abbès, qui s’est exprimé lors d’une séance plénière du conseil de la nation que la justice a promulgué le 6 avril une ordonnance en référé confirmant «le caractère illégal de la grève des médecins résidents». Le premier responsable du secteur de la santé a appelé les médecins résidents à «la raison» les invitant à regagner leurs postes de travail et à poursuivre le dialogue avec le ministère. «Si le ministre espère nous faire peur en agissant ainsi, il se trompe lourdement», rétorque le docteur Benhabib, un des porte-parole des grévistes. Au lieu d’apporter une solution concrète aux doléances des médecins, et par ricochet, soulager les malades, les véritables otages de ce bras de fer, le ministre a versé dans la logique des chiffres et les taux d’adhésion des médecins à ce débrayage.
«La grève avait touché dix wilayas disposant de CHU», dit-il encore pour entamer le moral des grévistes. Sur le terrain, c’est tous les hôpitaux et structures sanitaires qui fonctionnent au ralenti. Ould Abbès a souligné également que les revendications de cette catégorie liées à la révision du statut de la profession promulgué en 1996 et aux indemnités relatives au risque de contagion «ont été satisfaites». À rappeler que trois commissions qui regroupaient des représentants du ministère de la Santé et les délégués du collectif des médecins résidents, ont été installées récemment. La première commission devait plancher sur l’amendement du statut particulier du médecin-résident, la seconde sur les aspects pédagogiques et la troisième sur le service civil obligatoire, dont les médecins résidents demandent la suppression.
Les médecins grévistes se sont retirés de ces commissions, en raison «de l’absence de volonté de la part de la tutelle» de prendre en charge leurs revendications. Outre l’abrogation des lois et décrets relatifs au service civil obligatoire, il revendiquent notamment, la révision du statut actuel du résident, la réévaluation de leur rémunération mensuelle et la révision de la prime de garde à hauteur de 4 000 DA au lieu de 690 DA.
Par Hocine Larabi
