Massacre de Tibéhirine : Sarkozy lèvera le secret défense

Massacre de Tibéhirine : Sarkozy lèvera le secret défense

721787.jpgNicolas Sarkozy demande, mardi 7 juillet, la « vérité » sur le massacre des moines de Tibéhirine en 1996, estimant que les relations entre pays ne pouvaient pas être fondées sur « le mensonge ».

Le chef de l’Etat assure également qu’il « lèverait » le secret défense sur tous les documents demandés par la justice française dans ce dossier.

La levée du secret défense dépend d’une autorité administrative indépendante, la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN), que les autorités doivent saisir pour avis consultatif.

Le ministère de la défense prend ensuite la décision de déclassifier ou pas les documents.

« La justice doit avoir tous les documents »

« Je vous dis une chose, je veux la vérité. Les relations entre les grands pays, elles s’établissent sur la vérité et non pas sur le mensonge », a déclaré M. Sarkozy, lors d’une conférence de presse avec son homologue brésilien, Luis Inacio Lula da Silva.

« Ce sont des faits qui remontent à 1996. La justice est saisie, la justice doit avoir tous les documents », a-t-il ensuite insisté.

Selon le récent témoignage du général François Buchwalter, ancien attaché de défense français à Alger, les sept moines, enlevés en mars 1996 dans leur monastère de Tibéhirine, en Algérie, ont été tués par des tirs depuis des hélicoptères militaires algériens.

Alger et Paris aurait ensuite étouffé ces informations, assurant que le Groupe islamique armé (GIA) était le responsable du crime.

Le juge d’instruction Marc Trévidic, chargé de l’affaire, n’a engagé aucune procédure mais il est probable qu’il le fera à la rentrée prochaine, selon une source judiciaire citée par l’AFP.

Le magistrat devrait logiquement demander la transmission des rapports que M. Buchwalter dit avoir remis au ministère de la défense et à l’état-major à l’époque des faits.

A l’Assemblée nationale, lors de la séance des questions au gouvernement, mardi après midi, la ministre de la justice a assuré que les magistrats « disposent et continueront de disposer de tous les moyens pour mener à bien leur enquête, y compris en matière de coopération internationale ».

Ce témoignage « apporte un élément nouveau pour lequel de nouveaux éléments d’investigation supplémentaires auront lieu », a répondu Michèle Alliot-Marie, à une question du député socialiste François Loncle.