Accusé d’espionnage contre plusieurs pays, dont l’Algérie: le Français Martin Ryan gracié en Azerbaïdjan

Coup de théâtre : le Français Martin Ryan bénéficie d’une grâce présidentielle en Azerbaïdjan. Accusé par Bakou d’avoir mené des activités d’espionnage visant plusieurs nations, dont l’Algérie, l’homme d’affaires français a été gracié ce mercredi par le président Ilham Aliev.
La décision du président azerbaïdjanais est tombée ce mercredi, quelques heures seulement après la levée des sanctions européennes contre l’oligarque russe Alicher Ousmanov, soutenu par la France. Un timing stratégique qui éclaire d’un jour nouveau ce dossier diplomatique sous haute tension.
Alors que la Cour suprême d’Azerbaïdjan devait examiner son dossier le 25 novembre prochain, la trajectoire de Martin Ryan s’est accélérée. La levée des sanctions contre l’oligarque Alicher Ousmanov semble avoir agi comme le déclencheur décisif pour débloquer sa situation.
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Martin Ryan, le Français emprisonné en Azerbaïdjan, a été gracié par le président
Pourtant, le dossier pesait lourd contre le Français de 38 ans. Accusé d’avoir été recruté par la DGSE au sein de l’ambassade de France à Bakou, Martin Ryan devait notamment collecter des données stratégiques sur la déclaration de Choucha de juin 2021 — un accord capital scellant l’alliance militaire et politique entre l’Azerbaïdjan et la Turquie.
Toujours d’après l’accusation, Martin Ryan devait également collecter des renseignements sur les liens stratégiques de Bakou avec l’Iran, le Pakistan, l’Algérie ou la Somalie. Les services azerbaïdjanais lui reprochaient aussi de traquer des clichés d’armements pakistanais livrés à l’armée, ainsi que des données sensibles sur des entreprises liées à Beijing et Moscou.
Face à ces charges, Martin Ryan a toujours clamé son innocence. L’homme d’affaires français n’a cessé de rejeter les accusations d’espionnage, affirmant fermement avoir agi à son insu et sans jamais mesurer la portée stratégique des informations qu’il transmettait.
Entre contestation et aveu de naïveté. S’il martèle n’avoir jamais trahi personne — « Je ne suis pas un espion et j’ai tenté de le prouver tout au long du procès », a-t-il affirmé —, Martin Ryan admettait néanmoins une forme d’imprudence. Sa seule faute, selon lui, aura été de maintenir des échanges avec le personnel diplomatique français sans en avertir Bakou.
Le Français victime des tensions entre Paris et Bakou, selon le Quai d’Orsay
Alors que la diplomatie française a balayé d’un revers de main l’ensemble des charges retenues contre son ressortissant, Paris estime que Martin Ryan paie le prix des tensions avec Bakou. Son arrestation s’inscrit dans le sillage immédiat de la reprise du Haut-Karabagh par l’Azerbaïdjan en septembre 2023, marquée par le déplacement massif de plus de 100 000 Arméniens.
Après des mois de crise, un dégel diplomatique s’est progressivement amorcé. Les relations franco-azerbaïdjanaises se sont apaisées, affichant une nette amélioration. Un rapprochement concrétisé le 8 mars par un échange téléphonique direct entre Emmanuel Macron et son homologue Ilham Aliev.
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