Depuis le début du mois de juin, une vidéo montrant des jeunes hommes en train de chanter des propos haineux tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Mais l’indignation a rapidement fait place aux actes : alertée par deux députés insoumis, la justice a ouvert une enquête, rejointe de près par SOS Racisme qui a saisi le procureur de Rodez.
Si la gauche s’est immédiatement levée pour condamner fermement le scandale, le silence est quasi général dans le reste de l’hémicycle. À droite, seul Stéphane Mazars, le maire Renaissance de Rodez, a pris la parole. Du côté de l’extrême droite, le silence est total.
Pourtant, les images sont saisissantes : une vidéo publiée sur les réseaux sociaux en date du 6 juin 2026, montre des hommes chanter et danser dans une boîte de nuit à Rodez, scandant : « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir« . Ces images ont été filmées, dans la nuit du 4 au 5 juin puis publiées le lendemain, par une personne présente sur les lieux.
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Une enquête pour provocation à la haine ouverte
La vidéo est devenue virale plusieurs semaines plus tard. Après des signalements des députés insoumis Laurent Alexandre (2e circonscription de l’Aveyron) et Antoine Léaument (10ᵉ circonscription de l’Essonne), une enquête pour « provocation à la haine ou la violence » a été ouverte par le parquet de Rodez. SOS Racisme a également annoncé avoir saisi la justice.
Par ailleurs, cinq personnes identifiées comme présentes ce soir-là ont été entendues par les enquêteurs, et trois ont reconnu les faits, expliquant « avoir agi sans motif politique, sous l’effet de l’alcool », a précisé le procureur Nicolas Rigot-Muller.
Les trois individus seront jugés le 17 février 2027 pour provocation à la haine raciale après avoir scandé : « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! ».
« Marine au pouvoir, les arabes à l’abattoir ».
Voilà ce que scandent les partisans de Marine Le Pen.
Je saisis le procureur de la République sur ces propos incitant à la haine raciale. pic.twitter.com/2sOxn8nW6q
— Antoine Léaument 🇫🇷 (@ALeaument) June 20, 2026
Le gouvernement français dénonce « des propos profondément choquants »
La porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, a fermement condamné mercredi des propos jugés « profondément choquants » et « absolument inadmissibles ». Exigeant des sanctions fermes, elle a ouvertement souhaité que les auteurs de la vidéo soient rapidement poursuivis par la justice.
Par ailleurs, plusieurs députés de La France Insoumise ont dénoncé une « omerta » politique et médiatique sur ces propos. De son côté, Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national (RN), dont le nom a été mentionné dans ces slogans, a affirmé ne se sentir « aucune responsabilité dans le fait que ces jeunes hommes puissent tenir des propos » qu’elle a jugés « insupportables ».
« Donc le parquet les poursuit, tant mieux et j’espère que la justice les condamnera. Et je n’ai strictement, encore une fois, rien à voir avec tout cela », a-t-elle déclaré.
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