Marché noir des devises : le dollar au plus haut depuis des mois

Le billet vert ne connaît plus de pause sur le circuit informel algérois. Ce mardi 27 octobre 2026, les cambistes du square Port-Saïd cèdent le dollar américain à 242,50 dinars l’unité, un niveau jamais vu depuis des mois.
Face à cette ascension, l’euro fait presque figure de monnaie assoupie : il recule d’un dinar et se négocie à 276 DA. Le taux de change parallèle continue ainsi d’évoluer à une distance significative des cotations de la Banque d’Algérie.
Le dollar atteint 242,50 dinars sur le marché parallèle
Pour un billet de 100 dollars, il faut désormais débourser 24 250 dinars auprès des changeurs d’Alger. La progression est nette : 241 dinars lundi, 240 dinars jeudi dernier. En six jours à peine, la devise américaine a donc grappillé 2,50 dinars par unité, une amplitude qui pèse lourd dès que les montants échangés deviennent conséquents.
Cette dynamique tranche avec l’immobilisme des semaines précédentes. À la mi-octobre encore, les relevés effectués dans les officines informelles montraient que le dollar restait figé autour de 238 dinars face au dinar, sans réaction aux soubresauts des places financières. Quatre dinars séparent ce palier du cours affiché ce mardi.
Plusieurs cambistes du centre d’Alger évoquent une demande accrue pour la monnaie américaine, portée notamment par les opérateurs qui s’approvisionnent hors zone euro. Rien n’indique pour autant que ce rythme se maintiendra au-delà de la semaine.
À LIRE AUSSI : Pétrole : le Brent dépasse les 110 dollars, les prix repartent à la hausse
L’euro marque le pas à 276 dinars
La monnaie unique européenne suit une trajectoire bien plus calme. Elle s’échange ce mardi à 276 dinars, soit 27 600 dinars pour une coupure de 100 euros. Un dinar de moins qu’en fin de semaine dernière, quand les ardoises du square affichaient encore 277 DA.
Ce léger repli s’inscrit dans un mouvement de balancier observé depuis l’été. Dimanche dernier, les tarifs pratiqués par les changeurs n’avaient pas bougé d’un centime par rapport à la veille, l’euro campant sur son palier habituel. La devise européenne alterne ainsi des phases de stagnation prolongée et de micro-corrections d’un dinar.
Ce comportement n’a rien d’inédit. Dès la fin du mois d’octobre, les observateurs notaient que la monnaie européenne restait insensible aux signaux venus des autorités comme des marchés mondiaux. Ici, c’est la demande intérieure qui fixe la règle du jeu, pas les parités internationales.
Les cours officiels de la Banque d’Algérie restent figés
Dans le circuit bancaire réglementé, aucune secousse n’est à signaler. L’institution monétaire a arrêté l’euro à 150,90 dinars ce mardi, contre 150,94 DA la veille. Le dollar américain, lui, s’inscrit à 134,94 dinars, après 134,82 DA enregistrés lundi. Des variations de quelques centimes, sans commune mesure avec les mouvements du square.
L’écart entre les deux circuits reste le véritable enseignement de la journée. Un euro vaut 125 dinars de plus sur le marché informel qu’au guichet d’une banque. Pour le billet vert, la différence grimpe à près de 108 dinars. Autrement dit, le cours parallèle représente environ 1,8 fois la cotation officielle.
À LIRE AUSSI : Loyers à Alger : un F3 se loue autour de 100 000 DA, quatre fois le SNMG








