Après avoir terminé l’année 2025 sur une note baissière, le marché parallèle des devises en Algérie affiche un changement de tendance en ce début d’année. Ce samedi 3 janvier 2026, l’euro et le dollar regagnent du terrain face au dinar algérien dans les principaux points de change informels du pays.
La monnaie unique européenne semble avoir stoppé sa chute. Depuis le début du mois de décembre dernier, l’euro avait fortement reculé, s’éloignant de son pic historique de 292 dinars atteint le 27 novembre. Après cette phase de correction, la tendance s’inverse en ce premier week-end de janvier, marquée par une reprise de la valeur de l’euro face au dinar.
Le billet vert suit une trajectoire similaire en ce samedi 3 janvier. Dans le circuit informel, le dollar américain affiche une progression modérée mais réelle. Cette hausse simultanée des deux principales devises de référence souligne une reprise de la demande sur le marché du Square Port-Saïd et dans les autres places régionales de change.
Cette reprise des cours intervient après une période de forte volatilité à la fin de l’année précédente. Les observateurs du marché attribuent ce mouvement à la reprise des transactions commerciales et aux besoins saisonniers en devises qui marquent traditionnellement le début de l’exercice annuel.
Voici un aperçu des cours (Square Port-Saïd, ce samedi 3 janvier)
| Devise | Achat (DA) | Vente (DA) |
| Euro (€) | 249 | 251 |
| Dollar ($) | 225 | 227 |
Le Marché de l’Euro en Algérie : entre stabilité officielle et records sur le marché noir
En ce début d’année 2026, l’économie algérienne continue de faire face à un défi structurel majeur caractérisé par la coexistence de deux circuits de change totalement déconnectés. Alors que les institutions financières maintiennent un cap de stabilité relative, le marché informel, véritable baromètre de la confiance des ménages, s’enfonce dans une spirale haussière qui redéfinit les équilibres économiques du pays.
Le décalage entre les chiffres est frappant. Au niveau de la Banque d’Algérie, l’euro se maintient autour de 152 dinars, une valeur administrée qui permet de réguler les importations de produits de première nécessité. Pourtant, dès que l’on s’éloigne des guichets officiels pour rejoindre le Square Port-Saïd ou les réseaux de change parallèles, la réalité est tout autre. La monnaie unique européenne y franchit des sommets historiques, s’échangeant désormais entre 260 et 265 dinars. Ce fossé de plus de 70 % entre les deux taux crée une distorsion majeure qui alimente mécaniquement l’inflation des biens de consommation non subventionnés.
Cette flambée persistante s’explique par une combinaison de facteurs de pression. L’offre de devises reste structurellement limitée malgré les récentes révisions de l’allocation touristique qui demeure insuffisante pour couvrir les besoins réels des voyageurs. Parallèlement, la demande ne faiblit pas car l’euro est devenu la valeur refuge par excellence. Pour de nombreux Algériens, convertir ses économies en devises est une stratégie de survie économique permettant de protéger son épargne contre l’érosion du pouvoir d’achat. De plus, une partie du secteur privé continue de s’approvisionner sur ce marché pour financer des importations urgentes ou contourner certaines restrictions administratives.
