Urgent
Algérie

Taux de change euro-dinar : le FMI recommande plus de flexibilité face à un écart de 80 %

Taux de change euro-dinar : le FMI recommande plus de flexibilité face à un écart de 80 %
Square Algérie - marché parallèle des devises
Suivre Algérie 360° sur Google Actualités

Le Fonds monétaire international (FMI) invite l’Algérie à assouplir son taux de change. Selon lui, cela aiderait l’économie à mieux encaisser les chocs extérieurs et réduirait l’écart avec le marché parallèle des devises. Or cet écart reste considérable : ce mercredi 23 septembre, l’euro vaut un peu plus de 153 dinars à la Banque d’Algérie, contre environ 277 dinars chez les cambistes.

Ce que recommande le FMI sur le taux de change

Selon l’agence APS, le conseil d’administration du FMI a conclu, le 11 septembre 2026, les consultations de 2026 au titre de l’article IV avec l’Algérie. Dans son évaluation, rendue publique le 21 septembre, le Fonds estime qu’une plus grande flexibilité du taux de change aiderait l’économie algérienne à absorber les chocs extérieurs. D’après l’APS, cette flexibilité contribuerait aussi à réduire la prime observée sur le marché parallèle des devises.

Cette position n’est pas nouvelle. À l’issue de sa mission à Alger, du 16 au 30 juin 2026, l’équipe du FMI conduite par Charalambos Tsangarides préconisait déjà davantage de flexibilité du change. Dans son communiqué de fin de mission publié le 6 juillet 2026, elle relevait que la prime du marché parallèle était restée élevée, malgré les mesures introduites par la Banque d’Algérie.

A LIRE AUSSI : Croissance, PIB et réformes : Le FMI salue la solidité de l’économie algérienne

Un écart d’environ 80 % entre la banque et le marché noir

Les chiffres du jour montrent l’ampleur du fossé entre les deux marchés :

  • Marché officiel : l’euro est coté 153,23 DA à la vente par la Banque d’Algérie ce mardi 22 septembre.
  • Marché parallèle : l’euro s’échange autour de 277 DA.
  • Écart : environ 80 %, soit 277 ÷ 153,23.

Sur le marché parallèle, l’euro reste relativement stable depuis le début de l’année 2026, sous la barre des 280 dinars, selon les relevés publiés par la presse algérienne. Il avait atteint un pic à 292 dinars en novembre 2025. Pour suivre l’évolution du cours officiel, retrouvez notre point sur le taux de change du 21 septembre.

Inflation, Banque d’Algérie, financement monétaire : les autres recommandations

Le FMI ne s’arrête pas au change. Sur le plan monétaire, ses recommandations portent sur quatre points :

  • Resserrer la politique monétaire si les pressions inflationnistes s’accentuent. La mission de juillet le recommandait déjà en cas de poursuite de l’accélération de l’inflation.
  • Faire d’une inflation basse l’objectif principal et le point d’ancrage de la politique monétaire, et améliorer sa transmission, notamment par une meilleure gestion de la liquidité, selon la mission de juillet.
  • Renforcer l’indépendance opérationnelle de la Banque d’Algérie.
  • Réserver le financement monétaire à des circonstances exceptionnelles. La mission de juillet appelait à renforcer les garde-fous réglementaires autour de tout financement monétaire exceptionnel.

Ce que le FMI ne dit pas

Dans les éléments rendus publics, le Fonds ne fixe aucun niveau cible pour le dinar, ni en banque ni sur le marché parallèle, et ne parle pas de dévaluation. Il recommande une plus grande flexibilité du taux de change, qui renforcerait selon lui la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs et contribuerait à réduire la prime sur le marché parallèle. Concrètement, cela reviendrait à laisser le taux officiel, aujourd’hui fixé chaque jour par la Banque d’Algérie, refléter davantage l’offre et la demande de devises.

A LIRE AUSSI : Diaspora algérienne : 1,79 milliard de dollars envoyés en Algérie en 2025 (IFAD)

Déjà en 2025, l’allocation touristique citée comme levier

La question du marché parallèle figurait déjà dans les conclusions du FMI il y a un an. Dans son communiqué du 18 septembre 2025, le Fonds jugeait prioritaire de réduire la prime de change parallèle. Il citait comme exemple le relèvement de l’allocation en devises accordée pour les voyages.

L’Algérie a pris une mesure en ce sens. En application d’une décision du président de la République, l’instruction n° 05-2025 de la Banque d’Algérie du 17 juillet 2025 a porté le droit de change pour voyage à 750 euros pour les 19 ans et plus. Il est de 300 euros pour les 12 à moins de 19 ans, dans la limite de deux enfants par famille. Le dispositif s’applique depuis le 20 juillet 2025, comme l’a rappelé la Banque d’Algérie dans un communiqué.

Depuis l’été 2026, cette allocation touristique de 750 euros est versée sur une carte de paiement internationale, et non plus en espèces.

Un an après, le constat du FMI est sans ambiguïté : malgré ces mesures, l’écart entre les deux marchés reste élevé.

En pratique : le droit de change pour voyage

  • Qui : les citoyens algériens résidents qui se rendent à l’étranger.
  • Montant : 750 euros pour les 19 ans et plus ; 300 euros pour les 12 à moins de 19 ans, dans la limite de deux enfants par famille.
  • Démarche : auprès de sa banque, avec versement sur une carte de paiement internationale.
  • Règle à connaître : en cas d’annulation du voyage ou de séjour de moins de sept jours, la somme doit être restituée dans un délai de cinq jours ouvrés après le retour, sous peine de suspension du droit de change pendant cinq ans.
  • Lien officiel : Banque d’Algérie.

Les conditions d’octroi du droit de change peuvent évoluer. Il est recommandé de vérifier auprès de sa banque ou de la Banque d’Algérie avant toute démarche, afin d’éviter toute confusion.

A LIRE AUSSI : Banques algériennes : crédits, épargne, paiements… la BA exige du changement

AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

Voir tous les articles de Ahmed Saifi →

À lire aussi

La une du jour

Extra contenu