Marché mondial du pétrole : ce que prévoit l’AIE pour 2026 et 2027

Marché mondial du pétrole : ce que prévoit l’AIE pour 2026 et 2027
Algerie360 Marché mondial du pétrole

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) à revu à la hausse ses perspectives pour le marché pétrolier en 2026. Dans son dernier rapport publié vendredi, l’organisation estime que le recul de la demande mondiale de pétrole sera finalement moins marqué que prévu, tout en anticipant une reprise progressive de la consommation à partir de la fin de l’année 2026.

L’AIE prévoit désormais une contraction de la demande mondiale de pétrole de 1 million de barils par jour en 2026, contre une estimation précédente de 1,1 million de barils par jour. La consommation mondiale devrait ainsi atteindre une moyenne de 103,5 millions de barils par jour.

Selon le rapport, la demande mondiale devrait commencer à retrouver une dynamique positive dès le quatrième trimestre 2026, avec une hausse estimée à 1,2 million de barils par jour, après un net ralentissement enregistré durant le premier semestre de l’année.

L’agence table également sur une accélération de la reprise en 2027, avec une progression de la demande d’environ 2 millions de barils par jour, même si le rythme de croissance resterait inférieur aux moyennes observées avant les récentes crises.

Une reprise attendue dès la fin de l’année

Les données de l’AIE montrent que la consommation mondiale de pétrole a atteint son niveau le plus bas en mai 2026, à 97,9 millions de barils par jour, soit une baisse annuelle de 5,3 millions de barils par jour.

Le recul devrait toutefois progressivement s’atténuer. L’agence prévoit un ralentissement de la baisse à 1,7 million de barils par jour au troisième trimestre, avant un retour à la croissance au dernier trimestre.

L’organisation estime par ailleurs que la demande pourrait augmenter de plus de 8 millions de barils par jour d’ici octobre, dépassant pour la première fois depuis février les niveaux enregistrés en 2025. Cette reprise serait portée par la hausse de la consommation de carburants durant la saison estivale et par le retour de la demande différée.

Production de pétrole : l’offre mondiale reste sous pression

Du côté de l’offre, l’AIE prévoit une baisse de la production mondiale de pétrole de 3,7 millions de barils par jour en moyenne en 2026, pour atteindre 102,6 millions de barils par jour. En revanche, l’offre pourrait rebondir de 7,5 millions de barils par jour en 2027, à condition que le trafic maritime continue de se normaliser dans le détroit d’Ormuz.

En juin, l’offre mondiale a progressé de 4,1 millions de barils par jour, atteignant 98,8 millions de barils par jour, mais elle demeure inférieure d’environ 9,4 millions de barils par jour aux niveaux observés avant le conflit.

Les exportations de pétrole des pays du Golfe ont augmenté de 6,5 millions de barils par jour pour atteindre 16,1 millions de barils par jour. Elles restent toutefois bien en dessous de leur moyenne d’avant-guerre, estimée à 24 millions de barils par jour. La production régionale a également progressé, tout en restant inférieure aux niveaux enregistrés avant le conflit.

Raffinage, stocks et risques géopolitiques

L’AIE estime que le marché pourrait retrouver un excédent d’offre vers la fin de l’année 2026 si la circulation des pétroliers à travers le détroit d’Ormuz continue de s’améliorer. Ce scénario permettrait la remise en service de plusieurs champs pétroliers et raffineries au Moyen-Orient. En revanche, l’agence avertit qu’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe pourrait rapidement déstabiliser les marchés.

Concernant le raffinage, la production mondiale devrait reculer de 2,4 millions de barils par jour en 2026, avant de rebondir de 3,1 millions de barils par jour en 2027. Les stocks mondiaux de pétrole ont, quant à eux, augmenté de 21 millions de barils en juin, une première depuis le début du conflit, grâce à une forte hausse des stocks flottants.

En parallèle, les stocks des pays de l’OCDE ont diminué de 62 millions de barils en juin, tandis que ceux des pays hors OCDE ont reculé de 37 millions de barils, principalement sous l’effet d’une baisse des réserves en Chine.