Au cœur d’un marché laitier en pleine mutation, l’Algérie attire désormais l’attention d’un nouvel acteur international, le groupe russe EkoNiva.
Début de semaine, une délégation conduite par le président directeur général Stefan Dürr s’est rendue dans le pays pour rencontrer Samah Lahlouh, PDG du groupe public Giplait, dans le cadre d’échanges sur de futurs projets de partenariat.
Selon le communiqué officiel de Giplait, « les deux parties ont étudié les possibilités de partenariat dans la réalisation de projets de fermes pilotes spécialisées dans la production laitière ». Ces discussions s’inscrivent dans un contexte de diversification des partenariats internationaux, après l’engagement récent du groupe qatari Baladna.
EkoNiva lorgne l’Algérie : le géant russe du lait prêt à investir dans la filière locale
L’intérêt d’EkoNiva pour l’Algérie ne se limite pas à l’exportation. Le groupe, classé troisième producteur mondial de produits laitiers, voit dans le pays un marché en croissance rapide, où la consommation augmente d’environ 10 % par an.
Pour l’Algérie, cette dynamique suit une stratégie plus large de sécurité alimentaire et de réduction de sa dépendance aux importations. Actuellement, le pays importe près de 400 000 tonnes de poudre de lait chaque année. Avec une enveloppe comptant des centaines de millions de dollars.
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Les discussions entre Giplait et EkoNiva portent sur des projets encore non détaillés. Tant sur les capacités de production que sur les montants à investir. Mais elles interviennent alors que la filière locale connaît des transformations majeures. La plus grande ferme verticale laitière du monde, fruit d’un partenariat algéro-qatari de 3,5 milliards de dollars, devrait entrer en activité dès le deuxième semestre de l’année. Avec une production annuelle attendue de 200 000 tonnes de poudre de lait.
Vers l’autosuffisance : un objectif réaliste pour la filière laitière
Les initiatives de partenaires internationaux viennent s’ajouter aux efforts des acteurs locaux. Tels que la laiterie Soummam, pour renforcer la chaîne de valeur et moderniser la production. À terme, l’Algérie ambitionne de passer du statut de pays importateur à celui d’exportateur. En sécurisant son approvisionnement et en capitalisant sur ses ressources internes.
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Ainsi, pour la Russie, l’investissement en Algérie représente une opportunité stratégique dans un contexte géopolitique complexe. Tout en élargissant sa présence sur un marché international en croissance. Pour l’Algérie, l’arrivée de ce géant du lait pourrait constituer un pas supplémentaire vers la consolidation de sa filière laitière et la réduction de sa facture d’importation, tout en diversifiant ses partenariats internationaux.
