Marché de gros d’El-Harrach : 112 locaux sans grossistes

Marché de gros d’El-Harrach : 112 locaux sans grossistes

actualite2[39228].jpgD’une capacité de 112 locaux commerciaux, le marché de gros des produits alimentaires «El Moustakbal» d’El Harrach (Alger) peine à attirer les grossistes, trois ans après son inauguration par le ministre du Commerce

D’une capacité de 112 locaux commerciaux, le marché de gros des produits alimentaires «El Moustakbal» d’El Harrach (Alger) peine à attirer les grossistes, trois ans après son inauguration par le ministre du Commerce.

Réalisé selon les normes requises, avec une entrée clôturée, avec des agents en poste, pour assurer la sécurité, l’établissement en question peut être qualifié de «gâchis» si l’on se fie à l’absence de mouvement de l’activité commerciale, jugée «modeste» et «presque inexistante» par l’association des commerçants de ce marché qui a organisé hier, au site même, un point de presse portant sur la problématique de l’inexploitation des marchés dans notre pays.

Et pourtant, ce site peut employer jusqu’à 1.000 personnes s’il carbure à plein régime.

«C’est scandaleux, ce qui se passe ici lorsqu’on voit une grande partie des bénéficiaires de ce marché faire de ce lieu un point de stockage de marchandises et accomplir tranquillement leurs activités à quelques kilomètres de là, au quartier de Semmar plus exactement, dans la commune de Gué de Constantine.

Ceux qui ont rejoint ce marché se contentent presque de la distribution», déplore le président de l’association, Saad Khiri, qui regrette le «silence» des pouvoirs publics, en dépit, souligne-t-il, des incessants appels faits en leur direction pour «faire respecter la loi».

En clair, selon les responsables de l’association, il s’agit de déloger les commerçants de Semmar qui exercent en totale «violation» de la règlementation et dont beaucoup d’entre eux ne disposent même pas de registre du commerce quand d’autres en possèdent de faux.

«C’est le plus grand point de vente informelle d’Algérie, mais il échappe à tout contrôle, aussi bien en termes d’activités commerciales qu’en ce qui concerne la qualité des produits alimentaires. On ignore même tout de l’origine et de la destination de cet important flux d’argent qui circule. Qui prouve qu’il ne s’agit pas de blanchiment ? Personne ne peut être formel à ce sujet», indique pour sa part, le porte parole de l’Union générale des commerçants et artisans algériens, présent à cette rencontre.

Hadj Tahar Boulenouar confie, à cet effet, que quelque 5 milliards de dollars circulent chaque année dans les transactions qui s’opèrent dans ce marché de Semmar et ne comprend pas l’absence des structures habilitées au contrôle tels les bureaux d’hygiène communaux, la direction des prix et du commerce (DCP) ou encore le département de la santé. En outre, l’UGCAA pense que l’augmentation des prix des produits alimentaires trouve en partie son origine dans l’existence même du marché de Semmar et motive ceci par les coûts exorbitants de la location des locaux commerciaux, dont la moyenne tourne autour de 20 millions de centimes/an.

«Tandis que dans cette nouvelle structure d’El- Harrach, la location coûte à peine 30.000 DA», affirme encore Hadj Tahar Boulenouar, qui appelle les pouvoirs publics à fermer le site de Semmar, sinon à le rattacher à une tutelle administrative pour une meilleure gestion.

«Pourquoi pas dans la mesure où l’État a créé une société publique de réalisation et de gestion des marchés ?» soutient le porte-parole de l’UGCAA.

Il est à noter que les pouvoirs publics comptent procéder à l’extension de nouveau marché de gros d’El-Harrach, mais avec l’hésitation, voire le déni observé par les commerçants de Semmar, le projet risque de ne pas aboutir.

SAM