Cette année encore, le même problème se pose dans le secteur de l’enseignement, à savoir celui, très préoccupant, du manque d’enseignants.
Un manque qui concerne plus particulièrement les mathématiques et les langues étrangères et qui se fait sentir notamment à l’intérieur du pays.
Les recrutements opérés par le ministère s’avèrent ainsi insuffisants.
L’ex-premier responsable du secteur, Boubekeur Benbouzid, avait assuré que l’année scolaire 2012-2013 serait «exemplaire sur le plan de l’encadrement pédagogique», ce qui avait suscité de grands espoirs au sein des syndicats et des parents d’élèves. Ces derniers ont toujours interpellé les hautes autorités du pays sur le problème du manque d’enseignants, notamment dans les régions de l’intérieur et du Sud, sans que leurs doléances soient prises en charge. Il faut dire que les graves défaillances enregistrées en matière d’encadrement, ont constitué l’un des points noirs du secteur de l’Education nationale depuis le lancement des réformes. Et bien que le ministère de l’Education ait procédé au mois d’août dernier au recrutement de plus de 15 000 enseignants, le problème reste entier. L’embauche de ces nouveaux encadreurs pour les trois paliers a été annoncée en grande pompe, ce qui a poussé des milliers de diplômés universitaires à se ruer sur les directions de l’Education pour déposer leurs candidatures. Les diplômés en langues étrangères et mathématiques, issus des localités du Nord, n’ont pas hésité à se déplacer dans les wilayas du Sud afin d’avoir plus de chances d’être retenus. Et ce n’est qu’après l’achèvement de l’opération de recrutement que les responsables du secteur ont découvert que le problème n’a pas été totalement résolu ! Tout un trimestre est «consommé» et des élèves n’ont pas encore d’enseignants, ce qui risque de se répercuter négativement sur leur niveau scolaire. Le recours à des suppléants est donc devenu une nécessité incontournable pour «combler le vide», mais cette option ne semble pas beaucoup intéresser les diplômés universitaires qui cherchent plutôt des postes d’emploi stables. Et la mauvaise expérience des enseignants vacataires qui peinent à être titularisés, après de longues années de service, est là pour démotiver les universitaires sans emploi. «Nous ne sommes pas prêts à nous sacrifier pour rien. Nous n’allons pas jouer le rôle de pompier pour nous retrouver ensuite au chômage. Il s’agit de notre avenir quand même !», affirment certains licenciés en langues étrangères. «Nous avons été sollicités pour aller exercer dans les wilayas du Sud, mais nous avons décliné cette offre. Le plus étonnant est que nous avons passé le concours de recrutement à Djelfa !», ajoutent ces diplômés depuis 2008, originaires de Draâ El-Mizan (sud de Tizi Ouzou). La seule exigence de nos interlocuteurs consiste à avoir des postes stables. Et puis, il faut savoir qu’un vacataire ne peut être performant dans son travail, lui qui sait pertinemment qu’il sera remercié à la fin de l’exercice pédagogique. «Il faut en finir avec cette gestion catastrophique du secteur, car nos enfants ont le droit de faire des études conformes aux normes. Il y a ici des lycéens qui ne savent même pas écrire une petite phrase en français ou en anglais, c’est très grave !», déplore Abdelkader, père de deux enfants scolarisés au lycée El-Hadj-Aïssa à Laghouat. Une solution définitive s’impose, mais pour quand ?, s’interrogent les concernés…
A.Hani
