Alors que la pression foncière continue de peser sur de nombreux projets de logement en Algérie, la question du développement vertical revient régulièrement dans le débat. Peut-on construire plus haut pour compenser la rareté du foncier ? Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Mohamed Tarek Belaribi, apporte des précisions importantes sur cette option, tout en rappelant les nombreuses contraintes techniques qui l’encadrent.
Dans une réponse officielle adressée au député de l’Assemblée populaire nationale Rabah Djeddou, le ministre a indiqué que la réalisation d’immeubles de grande hauteur, y compris dans les zones à forte activité sismique, demeure techniquement possible en Algérie, à condition de respecter strictement l’ensemble des normes et exigences réglementaires en vigueur.
Le responsable a toutefois souligné que l’élévation du nombre d’étages ne constitue pas une solution automatique pour répondre au manque de terrains destinés aux projets immobiliers. Chaque projet doit faire l’objet d’une analyse spécifique prenant en compte les caractéristiques propres à son environnement.
Immeubles de grande hauteur en Algérie : une étude au cas par cas
Mohamed Tarek Belaribi a expliqué qu’il n’existe actuellement aucune étude nationale unique fixant une hauteur maximale des bâtiments selon les différentes régions du pays. La construction d’immeubles élevés repose plutôt sur un ensemble de textes réglementaires, de normes techniques et d’outils d’aménagement urbain.
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Le ministre a notamment rappelé que les règles algériennes parasismiques « RPA 2024 », approuvées en juin 2024, classent le territoire national selon plusieurs niveaux de risque sismique et déterminent les coefficients à appliquer lors de la conception des bâtiments.
Selon lui, la construction d’immeubles de grande hauteur reste envisageable même dans les zones les plus exposées aux séismes, à condition d’adopter des systèmes structurels adaptés et de réaliser des études dynamiques et géotechniques approfondies.
Les critères examinés avant toute autorisation concernent notamment :
- Le classement sismique de la zone ;
- Les charges liées au vent ;
- La nature et la résistance du sol ;
- Les risques de glissement ou d’instabilité ;
- Les exigences de sécurité et de lutte contre les incendies ;
- Les règles d’urbanisme applicables localement.
Logements en Algérie : des règles strictes pour construire des tours
Le ministre a également mis en avant l’importance du règlement relatif à la neige et au vent, qui définit les pressions exercées sur les bâtiments en fonction de leur hauteur et de leur emplacement géographique, notamment dans les régions côtières.
Parallèlement, toute construction de grande hauteur doit obligatoirement être précédée d’une étude de sol afin de déterminer la capacité portante du terrain et le type de fondations à privilégier.
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Mohamed Tarek Belaribi a rappelé que les documents d’urbanisme, à savoir le Plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) ainsi que le Plan d’occupation des sols (POS), fixent également plusieurs paramètres essentiels :
- Le nombre d’étages autorisés ;
- La hauteur maximale des constructions ;
- La densité urbaine ;
- Le coefficient d’occupation du sol ;
- Les différentes servitudes réglementaires.
Un groupe technique mobilisé pour les futurs projets
Concernant la sécurité, le ministre a insisté sur l’application des dispositions prévues par la loi relative à la prévention et à la lutte contre les risques d’incendie et de panique.
Les immeubles élevés et très élevés doivent ainsi intégrer des sorties de secours adaptées, des escaliers protégés, des systèmes d’alarme, des équipements anti-incendie ainsi que des plans d’évacuation permettant une intervention rapide en cas d’urgence.
Dans ce contexte, Mohamed Tarek Belaribi a révélé qu’un document technique consacré aux exigences de conception et de sécurité des immeubles de grande hauteur (IGH) et des immeubles très grande hauteur (ITGH) est actuellement en préparation.
Ce document a été élaboré par un groupe technique spécialisé réunissant des représentants du ministère de l’Habitat, du ministère de l’Intérieur ainsi que du ministère de l’Énergie.
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Au terme de sa réponse, le ministre a réaffirmé que le recours à la construction verticale pour faire face à la rareté du foncier reste soumis à des études approfondies. Les aspects techniques, urbanistiques, les réseaux d’équipements et les infrastructures existantes doivent être évalués avant toute décision, excluant ainsi toute généralisation automatique de cette solution à l’ensemble des projets de logements en Algérie.
