Mandela et la Palestine les «invités» d’une cérémonie de clôture sublime

article-21683-MANDELA.jpg« Blatter a réussi à ramener Mandela »

Les mauvaises langues avaient critiqué la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde 2010, la qualifiant de trop folklorique et pas très «moderne». Les organisateurs ont beau insister que cette cérémonie-là se voulait, en premier lieu, comme une vitrine de la richesse musicale africaine, cela n’avait pas convaincu les sceptiques.

Ces derniers ont cloué leurs becs hier à la faveur d’une cérémonie de clôture tout ce qu’il y a de plus sublime. Tout y était : l’émotion, les jeunes de lumières, les jeux pyrotechniques, le laser, les effets visuels, le chant, la danse… C’était du très haut niveau, digne du niveau de l’organisation de ce Mondial qui a démontré que l’Afrique a autre chose à offrir que de la brousse, les jungles, les maladies et les guerres.

Shakira très Waka Waka

Devant un parterre de personnalités très relevé, dont une vingtaine de Chefs d’Etat ainsi que les princes des Pays-Bas et de l’Espagne, le spectacle a valu par le tour de chant de Shakira qui a entonné, devant des spectateurs en extase, Waka Waka, la chanson officielle du Mondial-2010. Etant passée en premier, elle a enlevé tout charme aux autres chanteurs et groupes qui ont animé cette cérémonie de 28 minutes.

Des figurines diverses ont été réalisées en laser, toutes rendant hommage aux pays participant et à l’Afrique en tant qu’hôte de la Coupe du monde pour la première fois. C’est d’ailleurs cela qui a amené à découvrir une surprise, la surprise du chef Blatter.

Blatter a réussi à ramener Mandela

En effet, alors que sa présence à la finale constituait un grand point d’interrogation, Nelson Mandela a fait une remarquable apparition sur le terrain. Assis, avec sa fille, à l’arrière d’une voiturette du stade, emmitouflé dans un long manteau, des gants noirs et un béret, il a salué les spectateurs leur faisant des signes de la main, avec un large sourire. Malgré la fatigue et la maladie, et sur insistance de Blatter –une insistance que les petits-enfants de Mandela ont dénoncée dans la presse et ont assimilée à des pressions -, «Madiba» (son surnom) est venu, lui l’artisan de l’obtention, par l’Afrique du Sud, de l’organisation de ce Mondial. D’ailleurs, Blatter, flanqué de Issa Hayatou et de Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA, a tenu à descendre jusqu’au terrain afin de le saluer et de le remercier pour cette présence plus que symbolique.

Comme nous l’annoncions dans notre édition d’hier, Fabio Cannavaro, capitaine de l’équipe d’Italie championne du monde en 2006, a porté solennellement la Coupe du monde jusqu’au terrain avant l’entrée officielle des deux équipes. Or, voilà qu’un supporter hollandais audacieux a réussi à franchir le cordon de sécurité et a couru en direction du socle portant la Coupe du monde avec l’intention de «voler» le trophée et lui mettre une écharpe orange, histoire de montrer que les Pays-Bas sortiront vainqueurs, mais il a été plaqué au sol de justesse, alors qu’il était à un poil de toucher le trophée. En quelques secondes, il a été maîtrisé par la sécurité, ligoté et sorti du stade. Le rituel officiel a alors repris comme si de rien n’était.

Un drapeau palestinien avec un message pour Mandela

Autre invité surprise, mais indésirable celui-là : la Palestine. En effet, un grand drapeau palestinien, sur lequel était inscrit «Madiba» (surnom de Nelson Mandela, a été accroché en haut du tunnel du virage gauche, à un endroit où les caméras de la télévision ne pouvaient pas le rater. D’ailleurs, lorsque Cannavaro est rentré sur le terrain avec la Coupe du monde, le drapeau était bien visible. Vraisemblablement, ce sont des Algériens qui l’ont accroché puisqu’il se trouvait juste en contrebas d’un drapeau de l’Algérie. Les auteurs de ce geste hautement symbolique ont voulu associer le combat des Palestiniens pour leur indépendance à celui mené par Nelson Mandela pour la liberté de son pays.

Il aura fallu plusieurs minutes aux organisateurs pour s’apercevoir de la présence de ce drapeau et d’ordonner qu’il soit enlevé. Cependant, le message est largement passé puisqu’il y avait la présence de nombreux présidents et rois, ainsi que des caméras de télévision et de photographes qui ont eu le temps d’immortaliser ce moment. Comme quoi, malgré la liesse mondiale que la Coupe du monde a créé, il reste encore des combats à mener…

Les Algériens avec l’Espagne

Comme pour souligner que cette finale est avant tout la fête de tous les participants, il y avait des supporters de tous les pays ayant pris part à ce Mondial. Le drapeau algérien était donc présent également, dans le virage gauche faisant face à la tribune officielle. Suivant leurs affinités, les supporters étrangers ont pris fait et cause pour l’une ou l’autre équipe. Barça et Real Madrid obligent, les Algériens présents au stade étaient pour l’Espagne.