Les islamistes d’Ansar Dine prônent depuis quelque temps «un dialogue» politique pour la sortie de crise au Mali.
La délégation de ce même groupe islamiste qui discutait depuis le début du mois à Ouagadougou avec les autorités du Burkina Faso est, en effet, partie dans la nuit de samedi à ce dimanche, pour l’Algérie, l’autre pays médiateur dans la crise malienne. «Nous quittons Ouagadougou pour discuter à Alger avec les autorités algériennes», a déclaré à l’AFP peu avant le départ, Algabass Ag Intalla, chef de la délégation d’Ansar Dine.
Les émissaires d’Ansar Dine, étaient arrivés le 2 novembre, à Ouagadougou pour discuter avec la médiation conduite par le président burkinabè, Blaise Compaoré, au nom de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Vendredi dernier, à Bamako, le chef de la diplomatie burkinabè, Djibrill Bassolé, a remis au président malien de transition, Dioncounda Traoré, une lettre de M. Compaoré sur ces discussions, selon des sources proches de la médiation. Ansar Dine a fait depuis Ouagadougou d’importantes concessions : il a annoncé renoncer à appliquer la charia dans tout le Mali, sauf dans son fief de Kidal (nord-est), et s’est proposé d’aider à débarrasser le Nord malien du «terrorisme», qu’il a formellement condamné. Le Burkina et l’Algérie obtenaient ainsi que ce mouvement essentiellement composé de Touareg maliens prenne ses distances avec les jihadistes qui contrôlent aussi la région et avec qui il a appliqué de manière très stricte la charia : Al-Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Ansar Dine a aussi renoué avec le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), rébellion touareg, laïque et prônant l’autodétermination du nord du Mali. Les deux groupes ont appelé à un «dialogue politique» avec le pouvoir malien, qui s’y est dit prêt. Mais aucune date pour des négociations inter-maliennes n’a encore été fixée. Ces progrès ont été enregistrés alors que se prépare une force armée internationale -composée de soldats africains et soutenue par les Occidentaux- devant intervenir avec l’aval de l’ONU pour chasser les «terroristes» de la région.
R. I. / AFP
Plus de 3 000 personnes disent non à l’extrémisme religieux
Plus de trois mille personnes ont dit rejeter l’extrémisme religieux lors d’une rencontre organisée samedi à Bamako, par le plus célèbre prêcheur malien. «Notre pays connaît l’islam depuis plus de treize siècles. Nous ne pouvons pas accepter l’extrémisme religieux qui existe actuellement au nord du Mali», a déclaré à la presse, le prêcheur, Cherif Ousmane Madani Haïdara. «Cette manifestation marque aussi la volonté de tout un peuple d’obtenir rapidement la réunification du pays, et de bouter hors de notre pays l’ennemi», a déclaré à la presse le président de l’Assemblée nationale. Dans une motion lue, plusieurs associations des jeunes musulmans du Mali, ont demandé à la communauté internationale, d’aider le mali à recouvrer la souveraineté sur tout son territoire. Le chef de l’ex-junte, le capitaine Amadou Sanogo, le président de l’Assemblée nationale, Ynousssi Touré, des représentants de partis politiques, ainsi que les leaders religieux, ont participé à la rencontre.
