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Madrid lance des poursuites contre des responsables catalans après le discours du roi

Madrid lance des poursuites contre des responsables catalans après le discours du roi
Spanish Civil Guard colonel, Diego Perez de los Cobos (L), who the Spanish authorities have charged with leading the police action against the independence referendum, shakes hands with Chief of the 'Mossos D'Esquadra' (Catalan Police), Josep Lluis Trapero (R) prior to holding a security meeting ahead of the October 1 referendum on self-determination in Catalonia, at the Pedralbes palace in Barcelona.Catalan police warned yesterday that public disorder may erupt as Spain orders the authorities to prevent public buildings from being used as polling stations and stop the region holding a referendum on independence. The Catalan government has vowed to press ahead with October 1 plebiscite in the wealthy northeastern region despite a crackdown by Madrid which wants to prevent a vote deemed unconstitutional by the courts. / AFP PHOTO / LLUIS GENE (Photo credit should read LLUIS GENE/AFP/Getty Images)
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La justice espagnole a lancé mercredi des poursuites contre le chef de la police catalane et des responsables indépendantistes au lendemain d’un discours cinglant du roi contre les dirigeants de la Catalogne qui se disent prêts à déclarer l’indépendance de la région.

Depuis le référendum d’autodétermination interdit de dimanche, marqué par des violences policières, Madrid et Barcelone n’ont cessé de durcir le ton. Dans cette crise, la plus grave depuis le putsch manqué de 1981, aucun des deux camps ne semble prêt à céder du terrain.

Galvanisé par le référendum, la grève générale et les manifestations de masse qui ont réuni mardi 700.000 personnes à Barcelone contre les violences, le président du gouvernement catalan Carles Puigdemont a assuré que son gouvernement s’apprêtait à déclarer l’indépendance « à la fin de la semaine ou au début de la semaine pochaine ».

« Nous allons déclarer l’indépendance 48 heures après le décompte des résultats officiels » du référendum, a-t-il annoncé dans un entretien à la BBC.

M. Puigdemont devait prononcer une allocution à la mi-journée.

D’après les résultats provisoires, le oui à l’indépendance l’a emporté avec 90% des votants dans un scrutin sans liste électorale et sans observateurs que Madrid avait interdit.

Au lendemain d’un discours du roi Felipe VI à la fermeté inédite, la justice « a convoqué en vue de leur inculpation » le chef de la police catalane Josep Lluis Trapero ainsi qu’une de ses subalternes et deux dirigeants d’associations indépendantistes, dans le cadre d’une « enquête pour sédition ».

L’enquête porte sur des faits survenus le 20 septembre, lorsque l’arrestation de 14 hauts responsables de l’exécutif séparatiste catalan avait provoqué d’importantes manifestations contre la Garde civile à Barcelone. La police catalane a été accusée d’avoir tardé à intervenir pour dégager les Gardes civils encerclés dans un bâtiment qu’elle perquisitionnait.

Selon le code pénal, la sédition est passible d’une peine allant jusqu’à quinze ans de prison pour un fonctionnaire.

La stabilité ‘en danger’

Réagissant mardi soir pour la première fois au vote de dimanche, Felipe VI a accusé le gouvernement régional catalan d’avoir bafoué « de façon répétée (…) et délibérée » la Constitution et de « mettre en danger la stabilité » de la Catalogne et de toute l’Espagne.

Son discours, martelant qu’il est de « la responsabilité des pouvoirs légitimes de l’Etat d’assurer l’ordre constitutionnel », ouvre la voie à de nouvelles mesures du gouvernement de Mariano Rajoy contre les dirigeants indépendantistes.

Le porte-parole du gouvernement catalan Jordi Turull a accusé mercredi le roi d’avoir « jeté de l’huile sur le feu » avec son discours. « Ça a été épouvantable, une erreur de tous les points de vue », a-t-il déclaré à la télévision catalane.

M. Rajoy, qui n’avait pas réagi mercredi matin au discours du roi, pourrait invoquer l’article 155 de la Constitution, jamais encore utilisé, qui permet de prendre le contrôle des institutions d’une région qui « porte gravement atteinte à l’intérêt général de l’Etat ».

Carles Puigdemont a demandé sans succès une médiation de l’Union européenne dans son conflit avec Madrid mais le Parlement européen devait débattre en urgence de cette crise mercredi.

Jusqu’à présent, son équipe et lui ont réussi à résister à toutes les pressions du gouvernement de Madrid, ignorant les décisions de justice et préparant en secret le référendum que celui-ci avait juré d’empêcher.

Les images des interventions brutales de policiers casqués pour fermer des bureaux de vote, faisant 92 blessés, ont fait le tour de la planète et indigné les Catalans de tous bords.

La Catalogne est profondément divisée et le dernier sondage des autorités catalanes, publié en juillet, montrait que les adversaires de l’indépendance restaient plus nombreux que ses partisans (49,4% contre 41,1%).

‘Le roi ne comprend rien’

Mais les violences policières ont fait bouger l’opinion. Le discours du roi aussi a été mal reçu en Catalogne.

« C’est une honte, a réagi Domingo Gutierrez, un camionneur de 61 ans. S’il était ici, il saurait ce que pense la société catalane ».

Marta Domenech, indépendantiste de 28 ans, s’était arrêtée en pleine rue pour écouter le souverain parler. « Ca ou rien, c’est pareil. Il ne comprend rien », a-t-elle lâché.

L’allocution de Felipe VI est venue ponctuer une journée de grève générale et de manifestations en Catalogne contre les violences policières de dimanche.

« Dehors les forces d’occupation! », « Les rues seront toujours à nous! »: criaient les manifestants en faisant des doigts d’honneur au passage des hélicoptères de police.

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