Madjer : «L’EN ne peut pas remporter la CAN 2013»

Madjer : «L’EN ne peut pas remporter la CAN 2013»

Madjer.jpgL’ancien capitaine et entraîneur de l’équipe nationale, Rabah Madjer, ne vote pas sur les Verts dans la course au sacre final à la CAN 2013 qu’abritera l’Afrique du sud. Madjer mise sur la Côte d’Ivoire et le pays organisateur.

«L’EN ne peut pas remporter la CAN 2013. Il faudra attendre longtemps pour qu’on puisse décrocher un second titre continental. Il nous sera difficile de l’avoir sur les terrains de l’Afrique noire.Pour la CAN 2013, je mise beaucoup plus sur la Côte d’Ivoire et l’Afrique du sud», a déclaré l’homme à la talonnade dans un entretien accordé à la nouvelle chaîne TV, El-Djazaïria.

Dans une autre interview sur MNAFRICA, Madjer a justifié son pessimisme par les changements cycliques opérés par le sélectionneur national Vahid Halilhodzic.

«Sincèrement, j’ai peur pour mon équipe nationale pour cette phase finale de la coupe d’Afrique, car sa préparation n’est vraiment pas adéquate. Il y a beaucoup de changements. On n’a pas encore l’ossature d’une équipe. Dernièrement, l’entraîneur a convoqué 40 joueurs, ce n’est pas possible! Normalement à un mois de cette CAN, on doit avoir une équipe type. On doit aussi jouer des matches de préparation. On a joué un match amical contre la Bosnie dans des conditions climatiques très difficiles. J’ai vraiment peur pour notre équipe nationale, car elle ne s’est pas préparée. Nous ne connaissons pas notre équipe type. Il y a toujours des changements et à chaque fois il y a des nouveaux qui arrivent. D’un autre côté, dans notre groupe, il y a de très grandes équipes et toutes souhaitent aller très loin. La Tunisie est dans une bonne dynamique. L’Espérance de Tunis, qui a perdu récemment en Champions League, a fait un bon parcours. Cela prouve que le football tunisien va bien. En plus, la Tunisie a une certaine rivalité avec nous. Donc, ils vont mettre le paquet pour avoir un bon résultat. Le Togo aussi, avec de bons joueurs, dont Adébayor, qui disent vouloir aller très loin. C’est une équipe très ambitieuse. Ensuite, il y a la Côte d’Ivoire avec ses gloires telles que Drogba, Gervinho et Yaya Touré, qui souhaitent remporter la Coupe d’Afrique. Moi, je pense que nous allons rencontrer beaucoup de problèmes dans ce groupe», explique l’ancienne star du FC Porto.

«Si l’EN passe le premier tour, elle pourra faire de bonnes choses», a-t-il toutefois précisé.

«Notre sélection joue à la française»

D’autre part, l’ancien capitaine des Verts regrette que l’EN soit composée essentiellement de joueurs émigrés, formés en France.

«Une grande nation comme l’Algérie a toujours eu de bons jeunes, de bons joueurs, des joueurs qui ont toujours été classés pour la course au ballon d’or africain. Mais malheureusement, aujourd’hui, l’équipe nationale est formée de joueurs issus de centres de formation français et ils viennent en équipe nationale jouer à la française. Le football algérien a donc perdu de son efficacité, de sa technique, de ses inventions sur le terrain. On a perdu beaucoup de choses. On n’a plus le football à l’algérienne. Il y a des équipes, quand même, qui essaient de faire avec les joueurs évoluant au pays, comme l’Egypte qui forme ses joueurs et les résultats suivent. La même chose vaut pour la Tunisie. Même en Europe, on a l’exemple de l’Espagne et de l’Italie qui évoluent en majorité avec des joueurs issus de leurs championnats», souligne Madjer, nullement satisfait du niveau technique des dernières CAN.

«J’ai la nostalgie des années 80 et 90. En ces temps-là, on voyait le vrai football. Le football à l’africaine. Il y avait des joueurs qui évoluaient en Afrique, qui jouaient dans les sélections. Aujourd’hui, nos sélections africaines sont faites de joueurs issus de centres de formation européens. C’est malheureux, on ne voit plus le football africain. On voit le football direct, le football des centres de formation européens», a-t-il avoué, avant d’afficher à nouveau son désir et son ambition de prendre les commandes de la Fédération algérienne de football.

«Je serais peut-être un jour à la FAF»

«J’ai toujours été un homme de terrain. Je peux aussi contribuer en tant que responsable dans le football de mon pays… Peut-être, un jour, j’arriverais à la fédération pour changer un certain nombre de choses», a signifié Madjer qui ne peut se porter candidat, pour le moment, à la présidence de la FAF.

Les règlements établis par Mohamed Raouraoua ne le lui permettent pas. Les statuts de la FAF stipulent que tout candidat doit avoir exercé des responsabilités dans des institutions ou associations sportives de football pendant au moins cinq années consécutives.

Raouraoua a barré la route à Madjer qui est consultant aujourd’hui à la chaîne Al Arabiya. Il est également ambassadeur de l’UNESCO et membre de la commission de football de la FIFA.Il se réjouit de faire partie de cette commission présidée par Michel Platini.

«C’est une fierté pour moi. Je tiens à remercier Platini de m’avoir donné cette opportunité et d’avoir eu confiance en moi. C’est formidable. J’ai participé à la première réunion à Zurich le 16 octobre et une deuxième réunion est prévue dans deux mois», a-t-il conclu.

Larbi B.