Politologue et officier supérieur de l’armée à la retraite, Mohamed Chafik Mesbah fut, sous Chadli, membre du cabinet de Mostefa Beloucif (secrétaire général du ministère de la Défense puis chef d’état-major de l’armée).
Quel bilan peut-on faire des deux mandats de Chadli Bendjedid ?
Les bilans politiques ne sont pas totalement blancs ou noirs. Dans le cas du président Chadli, il est gris. La répression du Printemps berbère, l’introduction de l’article 120 dans les statuts du FLN, le champ ouvert à une bourgeoisie d’affaires impitoyable, l’interférence de cercles familiaux dans les rouages de l’Etat ont été, incontestablement, des points noirs.
En revanche, le président Chadli a graduellement conduit le pays vers un processus de réformes politiques et économiques, certes, imposées par l’état de déliquescence du système. Pragmatique, donc libre de certitudes idéologiques, homme de bon sens, c’est-à-dire partisan de solutions simples pour dénouer l’écheveau de situations complexes, il aura été également un homme de bonne foi avec les pieds ancrés dans le terroir profond du pays.
Quel bilan de sa politique étrangère ?
Sans être expert diplomatique, ni versé à la controverse idéologique entre les deux blocs, le président Chadli, s’appuyant sur l’expertise de deux éminents ministres des Affaires Etrangères (Mohamed Seddik Benyahia et le Dr. Ahmed Taled El Ibrahimi) a rapidement compris la nécessité de procéder à un redéploiement diplomatique avec un rééquilibrage des rapports en direction du bloc occidental. Sa visite d’Etat aux Etats-Unis reste, à cet égard, mémorable. Néanmoins, il n’a jamais tourné la page de l’ancrage arabe et africain de cette diplomatie algérienne. La présence de l’Algérie en Afrique était perceptible et l’appui de notre pays à la résistance palestinienne ne s’est jamais démenti.
